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14/09/2015 14:07 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

L'Europe confrontée à la plus grave crise migratoire depuis 1945

L'annonce de la Slovaquie et l'Autriche, après l'Allemagne, du rétablissement des contrôles aux frontières et la fermeture par la Hongrie de sa frontière constituent les derniers développements de la plus grave crise migratoire en Europe depuis 1945.

Plus de 430.000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée depuis janvier, et près de 2.800 ont péri ou disparu, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Près de 310.000 d'entre eux sont arrivés en Grèce, et 121.000 en Italie.

Les Syriens représentent 50% de ceux qui ont traversé la Méditerranée depuis janvier et 70% de ceux arrivant en Grèce, selon des estimations du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

- 23 avril: Après la mort en une semaine de 1.200 migrants au large de la Libye, les Européens décident de tripler le budget des opérations de sauvetage de Frontex en Méditerranée, à neuf millions d'euros par mois.

Une action militaire contre les passeurs de Libye est évoquée, mais la force navale mise en place en juin se limite à une surveillance accrue, faute d'aval de l'ONU.

- 13 mai: La Commission européenne propose l'instauration de quotas pour répartir les réfugiés arrivant en masse en relançant l'immigration légale, ce qui suscite l'hostilité de la plupart des Etats membres de l'UE.

- 26 juin: L'UE durcit les conditions d'accueil des migrants (création de centres de tri pour réfugiés et accélération des expulsions pour ceux n'ayant pas obtenu l'asile), tout en convenant d'un effort pour décharger l'Italie et la Grèce de 40.000 demandeurs d'asile.

Mais, dans l'accord finalisé le 20 juillet, 32.256 places seulement seront offertes sur la base du volontariat.

- 30 juillet: A Calais (nord de la France), où sont rassemblés quelque 3.000 migrants, un clandestin meurt, le dixième au moins en deux mois, après avoir tenté de gagner la Grande-Bretagne.

Paris et Londres signent en août un accord pour sécuriser le tunnel ferroviaire sous la Manche et lutter contre les passeurs.

- 27 août: Les corps de 71 migrants, probablement des Syriens, sont découverts dans un camion abandonné sur une autoroute d'Autriche. La veille, les cadavres de 52 migrants ont été retrouvés dans la cale d'une embarcation au large de la Libye.

- 2 septembre: La photo du corps d'Aylan, un enfant syrien de trois ans gisant sur une plage de Turquie, soulève émotion et colère.

- 3 septembre: Des centaines de migrants prennent d'assaut la principale gare de Budapest, fermée depuis deux jours.

- 7 septembre: La France s'engage à accepter 24.000 réfugiés en deux ans. Londres promet d'accueillir 20.000 Syriens en cinq ans. Berlin débloque six milliards d'euros supplémentaires pour l'accueil des migrants.

- 9 septembre: Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker exhorte les Etats de l'UE à se répartir d'urgence l'accueil de 120.000 réfugiés s'ajoutant aux 40.000 évoqués en juin.

La chancelière allemande Angela Merkel réclame de nouveau une "répartition contraignante" des réfugiés.

- 11 septembre: Plusieurs pays européens affichent avec fermeté leur opposition à la politique de quotas obligatoires prônée par Berlin et Bruxelles.

- 13 septembre: Au moins 34 personnes, dont quatre bébés et onze enfants, se noient au large de la Grèce après le naufrage de leur embarcation surchargée.

L'Allemagne réintroduit des contrôles aux frontières pour "contenir" l'afflux de réfugiés qu'elle affirme ne plus être en mesure d'accueillir.

- 14 septembre: La Slovaquie et l'Autriche annoncent à leur tour le rétablissement des contrôles aux frontières.

La police hongroise ferme le principal passage à la frontière serbe. Depuis la mise en place par Budapest d'une clôture barbelée à la frontière serbo-hongroise, le passage par la voie ferrée de Röszken était devenu le seul point de transit de la quasi-totalité des migrants pénétrant en Hongrie.

Après avoir tablé sur 800.000 demandeurs d'asile en 2015, l'Allemagne s'attend désormais à en accueillir jusqu'à un million, selon le vice-chancelier Sigmar Gabriel.

L'UE, dont les ministres chargés de l'immigration sont réunis à Bruxelles, décide de recourir à la force militaire contre les passeurs de migrants.

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