NOUVELLES
14/09/2015 07:30 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

L'Allemagne prévoit accueillir un million de réfugiés cette année

BRUXELLES — L'Allemagne a fait savoir lundi qu'elle prévoit accueillir cette année un million de migrants et de réfugiés.

La Slovaquie, de son côté, a resserré les contrôles le long de sa frontière avec l'Autriche, ce qui met en relief l'urgence pour l'Union européenne de s'entendre sur une politique commune pour affronter la crise.

Les ministres de l'Intérieur des 28 pays membres de l'UE étaient réunis lundi à Bruxelles pour tenter de réduire l'écart qui les sépare concernant le partage des milliers de personnes qui arrivent aux frontières de l'Europe chaque jour, de manière à atténuer le fardeau que portent des pays de première ligne comme la Grèce, l'Italie et la Hongrie.

Leurs pourparlers porteront sur la redistribution de 160 000 réfugiés au cours des deux prochaines années — mais au moins quatre pays d'Europe de l'Est refusent catégoriquement d'accueillir plus de migrants.

La décision de certains pays européens de renforcer la sécurité le long de frontières ouvertes par l'accord de Schengen confère un nouveau sentiment d'urgence à ces discussions.

L'arrivée de quelque 500 000 migrants depuis le début de l'année a pris l'Europe par surprise et l'Allemagne a prévenu lundi que ce n'est possiblement qu'un début.

Le vice chancelier allemand Sigmar Gabriel a lancé dans une lettre transmise aux membres de son parti social démocrate que «tout porte à croire que nous n'accueillerons pas 800 000 migrants comme prévu par le ministère de l'Intérieur, mais un million» en Allemagne seulement.

En l'absence d'une politique cohérente, des pays européens comme l'Allemagne et la Slovaquie ont resserré la sécurité le long de leurs frontières ou, dans le cas de la Hongrie, commencé à ériger des clôtures. La Grèce est tout simplement submergée par le nombre de réfugiés qui arrivent par la mer depuis la Turquie; elle est incapable de trier correctement tous ces migrants, et encore bien moins de les héberger.

La décision de l'Allemagne est permise par l'accord de Schengen, mais M. Gabriel a précisé que cela doit envoyer un «message clair (à nos) partenaires européens que l'Allemagne, même si nous sommes prêts à offrir une aide disproportionnée, ne pourra accueillir tous les réfugiés seule».

L'Allemagne accueille plus de réfugiés que n'importe quel autre pays européen, et de loin.

La Slovaquie, de son côté, a déployé 220 agents le long de sa frontière avec l'Autriche. Elle a aussi resserré sa coordination avec les forces de l'ordre en Autriche, en Hongrie et en République tchèque.

Des organisations humanitaires condamnent depuis longtemps le manque de cohérence des pays européens et craignent que la rencontre de lundi ne servent à rien.

«Gardons en tête que les décisions prises lors des sommets précédents n'ont essentiellement amélioré en rien la situation», peut-on lire dans une lettre transmise aux leaders européens par la présidente de Médecins sans frontières, la pédiatre québécoise Joanne Liu.

The Associated Press