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14/09/2015 06:33 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

L'Allemagne "ne ferme pas" sa frontière à ceux demandant le statut de réfugiés

Le rétablissement des contrôles ne signifie pas que l'Allemagne ferme ses frontières aux demandeurs d'asile et à ceux réclamant le statut de réfugiés, a déclaré lundi le porte-parole de la chancellerie, assurant que Berlin souhaite rendre le processus plus "ordonné".

"Les contrôles provisoires aux frontières ne sont pas la même chose qu'une fermeture des frontières, c'est complètement différent. Des réfugiés vont continuer à venir en Allemagne, nous espérons que cela se déroule dans le cadre d'un processus mieux ordonné", a déclaré Steffen Seibert lors d'un point de presse régulier.

La réintroduction des contrôles dimanche est motivée avant tout par des raisons de sécurité, pour que les autorités sachent sur "chaque personne qui vient, qui elle est et son profil".

"Une chose est claire, nos principes de bases ne changent pas, nous restons mués par l'humanité, mués par le droit à la protection en Allemagne de celui qui est poursuivi pour des raisons politiques, du réfugié de guerre".

Concrètement, toute personne étrangère demandant l'asile ou le statut de réfugié en Allemagne sera pris en charge, enregistré et installé dans un foyer de premier accueil comme c'était le cas avant le rétablissement des contrôles aux frontières. C'est du reste ce qu'ont rapporté les journalistes de l'AFP aux points de passage entre l'Allemagne et m'Autriche.

Les autorités espèrent que ces contrôles en amont permettront de mieux canaliser l'afflux et ne plus être confrontés à des engorgements, notamment dans la ville de Munich qui a vu des dizaines de milliers de personnes arriver depuis dix jours.

L'Allemagne en général, et la Bavière en particulier, ont été submergées par les arrivés de candidats à l'asile ces dernières semaines: les foyers d'accueil sont surchargés et les procédures d'enregistrement traînent en longueur.

Le pays s'attend à devoir accueillir jusqu'à un million de demandeurs d'asile cette année, plus que tout autre Etat européen, tandis que nombre des partenaires de l'Allemagne au sein de l'UE refusent tout système de répartition obligatoire des migrants.

"Il y a de nombreux signes qui montrent que cette année, nous n'aurons pas à prendre en charge 800.000 réfugiés comme l'a prévu le ministère de l'Intérieur, mais un million", a souligné le vice-chancelier Sigmar Gabriel sur le site internet du Parti social-démocrate allemand (SPD). "L'Allemagne est forte et peut faire beaucoup de choses. Pourtant, ces derniers jours, nous avons vu que, en dépit de nos meilleures intentions, nos capacités de prendre en charge les gens ont atteint leurs limites".

Mais malgré les contrôles aux frontières "chaque personne qui fera une demande d'asile sur le sol allemand, aura le droit de rester chez nous jusqu'à ce qu'une décision soit prise sur sa demande".

La chancelière allemande Angela Merkel doit recevoir vendredi les dirigeants des 15 Etats régionaux allemands, pour débattre des mesures à prendre pour assurer l'accueil des migrants, a M. Seibert mardi.

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