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13/09/2015 23:14 EDT | Actualisé 13/09/2016 01:12 EDT

Japon: combustible nucléaire chargé dans un 2e réacteur, redémarrage prévu en octobre

La compagnie japonaise Kyushu Electric Power a annoncé avoir terminé dimanche de charger le combustible nucléaire dans un réacteur qui, sauf détection d'une anomalie, sera le deuxième à redémarrer au Japon le mois prochain depuis l'extinction progressive de toutes les tranches après la catastrophe de Fukushima en 2011.

"Le chargement, qui avait débuté vendredi, a été achevé dimanche à 21H14 (12H14 GMT)", a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'opérateur du réacteur Sendai 2 situé dans le sud-ouest de l'archipel, à côté de l'unité Sendai 1, qui est actuellement la seule en exploitation sur les 48 tranches du Japon.

"Nous agissons avec prudence dans la perspective du redémarrage, la sécurité étant notre première priorité", a assuré Kyushu Electric dans un communiqué.

Exactement 157 assemblages de combustible ont été installés dans cette unité.

Le réacteur Sendai 2, arrêté depuis septembre 2011, a été le deuxième, avec Sendai 1, à obtenir le feu vert technique de l'Autorité indépendante de régulation du secteur et des élus locaux pour être relancé.

"Nous envisageons un redémarrage mi-octobre si tous les examens se déroulent comme prévu", a précisé le porte-parole.

Tous les réacteurs de l'archipel avaient été éteints progressivement (les deux derniers en septembre 2013) pour maintenance de routine mais, hormis Sendai 1, aucun n'a été remis en service depuis.

Sendai 1 avait été réactivé le 11 août et l'exploitation commerciale de l'électricité produite a débuté la semaine dernière.

Trois autres unités (Takahama 3 et 4 dans l'ouest, ainsi qu'Ikata 3 au sud-ouest) ont été jugées conformes aux normes de sûreté, durcies après l'accident nucléaire de Fukushima consécutif au tsunami de mars 2011 qui avait entraîné la fusion des coeurs de trois réacteurs, mais n'en sont pas encore au stade de pouvoir être relancées.

Les nouveaux impératifs techniques visent à assurer une meilleure protection des installations atomiques, des personnes et de l'environnement alentour face aux risques de catastrophe naturelle, d'attaque terroriste ou de crash d'avion.

Fervent partisan de l'atome pour des raisons économiques (l'industrie a besoin d'énergie et l'importer coûte cher), le gouvernement du Premier ministre conservateur Shinzo Abe plaide depuis plus de deux ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l'autorité nucléaire soient relancés.

Dans un entretien accordé au quotidien Asahi Shimbun dimanche, l'ex-chef de gouvernement et mentor de M. Abe, Junichiro Koizumi, s'est au contraire vivement opposé au redémarrage des réacteurs, jugeant qu'il s'agissait d'une "erreur" et qualifiant de "mensongères" les affirmations de sûreté des installations dans un pays à la merci des catastrophes naturelles.

Le Japon, dont la population a été traumatisée par le désastre à la centrale de Fukushima, est situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, enregistre annuellement plus de 20% des tremblements de terre les plus puissants recensés dans le monde.

Si, selon tous les sondages, la majorité des citoyens japonais sont opposés à l'énergie atomique, la mobilisation contre leur relance s'est notablement affaiblie après un pic atteint dans les mois suivant le drame de Fukushima, au grand dam des organisations écologiques.

kap/anb/jr

KYUSHU ELECTRIC POWER