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14/09/2015 05:57 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

GB: Jeremy Corbyn dénonce violemment le projet de loi limitant le droit de grève

Le nouveau leader du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn s'en est pris violemment lundi au projet de loi du gouvernement conservateur visant à durcir le droit de grève, qu'il a qualifié d'attaque en règle contre les travailleurs et le syndicats.

Le gouvernement conservateur "attaque les travailleurs avec un projet de loi qui rendra plus difficile pour les employés de former un syndicat et plus difficile pour les syndicalistes de mener des grèves pour défendre leurs emplois, leurs salaires et leurs retraites", dénonce-t-il dans une tribune publiée par The Daily Mirror.

Chantre de la gauche radicale triomphalement élu samedi à la tête du Labour, Jeremy Corbyn relève que certains conservateurs ont assimilé le projet de loi à "quelque chose issu d'une dictature fasciste".

L'ancien président du Parti conservateur, David Davis, a estimé que certaines parties de la législation rappelaient la dictature de Franco en Espagne.

"Les conservateurs frappent doublement les travailleurs, en attaquant les syndicats qui défendent les emplois et décrochent des augmentations de salaires et en réduisant les crédits d'impôt qui fournissent un filet de sécurité aux millions de personnes coincées dans des emplois précaires", poursuit M. Corbyn, faisant allusion aux coupes budgétaires dans les aides sociales annoncées cet été par le gouvernement de David Cameron.

Le projet de loi gouvernemental devait être examiné à la chambre des Communes à partir de 14H30 GMT lundi. Il prévoit notamment que plus de 50% des salariés d'une entreprise doivent participer au vote précédant une grève pour qu'elle soit légale, alors qu'actuellement aucun quorum n'est imposé. Au sein des participants, une majorité doit aussi se dégager en faveur de la grève, ce qui est déjà le cas.

Fidèle à son discours antiaustérité, Jeremy Corbyn a nommé dans la nuit le radical John McDonnell, proche des syndicats et favorable à la nationalisation des banques, au poste clé de chancelier de l'Échiquier de son cabinet fantôme. Soucieux également de rassembler l'appareil du Parti travailliste, très divisé par son élection, Corbyn a nommé l'un des trois autres candidats malheureux à la direction du parti, Andy Burnham, au poste de ministre de l'Intérieur.

Lundi matin, l'intégralité du cabinet fantôme n'avait pas encore été dévoilée mais les critiques pleuvaient déjà depuis l'intérieur du Labour, notamment sur le manque de femmes aux postes clés tandis que plusieurs ex-membre du cabinet fantôme de son prédécesseur Ed Miliband ont refusé d'y prendre part dénonçant ses positions économiques ou son refus de s'engager clairement pour un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

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