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14/09/2015 12:22 EDT | Actualisé 14/09/2016 01:12 EDT

Angola: six ans de prison pour un militant des droits de l'Homme pour incitation à la "rébellion"

Un militant angolais des droits de l'Homme accusé d'avoir organisé des manifestations contre le gouvernement dans l'enclave pétrolière de Cabinda (nord) a été condamné lundi à six ans de prison pour avoir incité à la "rébellion", selon son avocat.

Marcos Mavungo a été "reconnu coupable (d'incitation à la) rébellion et condamné à six ans de prison", a annoncé à l'AFP son avocat Francisco Lwemba, joint par téléphone en Angola depuis Johannesburg.

Le militant avait été arrêté et placé en détention provisoire en mars, quelques heures avant l'organisation d'une marche pacifique pour protester contre la mauvaise gouvernance, selon lui, de la province de Cabinda.

Marcos Mavungo, un "prisonnier de conscience" selon Amnesty International, est un ancien membre d'une association interdite en 2006, Mpalabanda ("arbre résistant au feu"), qui avait publié des rapports dénonçant des abus commis par les forces de sécurité à Cabinda.

Les associations internationales de défense des droits de l'Homme sont de plus en plus prises pour cible par le régime du président Jose Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979.

Rafael Marques, un journaliste angolais également militant des droits de l'Homme, avait été arrêté cette année et condamné en mai à six mois de prison avec sursis pour "dénonciation calomnieuse" de généraux de l'armée à la suite de la publication d'un livre accusant le régime de couvrir des violences contre des chercheurs de diamant dans le pays.

L'enclave du Cabinda, un territoire séparé du reste de l'Angola par une bande de terre de la République démocratique du Congo, produit 60% des richesses pétrolières de l'Angola, deuxième producteur d'or noir d'Afrique subsaharienne.

La plupart des 300.000 habitants de cette province, théâtre de troubles séparatistes, vit néanmoins dans la pauvreté.

Le gouvernement angolais maintient sa présence militaire dans l'enclave, et les associations dénoncent régulièrement des cas de torture et de violation des droits de l'homme.

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