DIVERTISSEMENT
13/09/2015 11:40 EDT | Actualisé 14/09/2015 09:37 EDT

«Boomerang» à TVA : adorables «adulescents»!

Courtoisie

Antoine Bertrand et Catherine-Anne Toupin sont, d’emblée, deux êtres très attachants. Ils le deviennent d’autant plus dans la comédie Boomerang, où ils prêtent leurs traits à un couple de trentenaires qui revient crécher dans le nid familial après un échec professionnel.

Deux «enfants boomerang», Patrick et Karine, que vous adopterez avec bonheur le lundi, à 19h30, à TVA, dès demain, 14 septembre. Nos deux adorables moineaux se jurent que leur «période Tanguy» ne durera qu’une semaine, ou deux, ou le temps de se trouver un emploi, ou jusqu’à l’anniversaire de 35 ans de Karine, ou, dans le pire des cas, jusqu’à Noël… mais on devine que leur joyeux calvaire s’éternisera peut-être encore davantage. Surtout que TVA a commandé une deuxième saison à Boomerang, récemment tournée, qui sera en ondes à l’automne 2016.

Déjà, sur papier, les noms liés à Boomerang laissaient rêver d’un produit de remarquable qualité. L’idée originale est de Catherine-Anne Toupin qui, en plus d’avoir fait sa marque comme comédienne dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin et Mémoires vives, entre autres, a fait courir sa plume d’auteure sur les textes de plusieurs pièces de théâtre et séries, dont l’émission jeunesse Kif-Kif.

Par contre, ce n’est pas notre Shandy Galarneau d’Unité 9 qui pond les scénarios de Boomerang ; la productrice au contenu et script-éditrice Estelle Bouchard, de la boîte Encore Télévision, qui était directrice du développement aux contenus, fictions et documentaires à TVA quand Catherine-Anne est allée la rencontrer, il y a quatre ans, pour lui proposer son idée, a plutôt réuni un panel d’auteurs de grand talent pour donner corps et mots au sympathique portrait de famille qu’est Boomerang. Caroline Allard, François Archambault, Michel Brouillette, Sylvain Charbonneau, Stéphane Dompierre, Isabelle Langlois, Isabelle Pelletier, Daniel Thibault et Anita Rowan ont ainsi tous contribué à la première saison. Charles-Olivier Michaud (Snow & Ashes, Sur le rythme, Exil) réalise les 12 épisodes de 30 minutes.

Comme des itinérants

Tout ce beau monde a gagné son pari en construisant un univers tout à fait réaliste, auquel on croit instantanément. En faillite après la fermeture de leur restaurant 8e Ciel, Patrick et Karine mènent depuis peu une vie d’itinérants, dormant dans leur auto ou chez Sylvain (prometteur Fabien Cloutier), le meilleur ami de Patrick, un tombeur aux nuits agitées.

Lorsqu’ils ont vent que les parents de Karine, Pierre (Marc Messier) et Monique (Marie-Thérèse Fortin), sont partis à Cuba, ils voient là une solution temporaire à leur problème d’hébergement. Hélas, le voyage sera de courte durée et, en rentrant chez eux, Pierre et Monique réaliseront qu’ils doivent désormais cohabiter avec le jeune couple, et comprendront l’ampleur du bourbier financier dans lequel Karine et Patrick sont enfoncés.

Pierre est un jeune retraité un peu coincé, qui n’apprécie pas d’être bousculé dans ses habitudes par sa fille et, surtout, ce gendre de qui il n’est pas spécialement entiché. Plusieurs moments comiques découleront du malaise qui règne entre les deux hommes, Pierre allant jusqu’à surveiller la quantité de beurre d’arachides que Patrick étend sur ses rôties et à reprendre ses fautes de français. Monique, une femme un tantinet contrôlante, aime apparemment beaucoup sa fille, mais ne souhaite pas la voir vivre à ses crochets indéfiniment.

Cuistot accompli, qui a remporté la téléréalité culinaire Les étoiles de la cuisine, Patrick arrivera peut-être à amadouer ses beaux-parents en les prenant par l’estomac. Fait intéressant, Antoine Bertrand a été entraîné par son ami Stefano Faita, aux fourneaux du restaurant Impasto, pour apprendre les rudiments du métier.

Monique sollicitera l’aide de son autre fille, Stéphanie (Magalie Lépine-Blondeau), pour inculquer un peu d’autonomie à Karine, le «mouton noir» de ses deux enfants. Stéphanie est mère au foyer d’une petite fille très futée, et vit en banlieue avec son conjoint, Richard, un homme d’affaires qui porte bien son nom, parce que très bien nanti, et profondément antipathique, qu’on prendra plaisir à détester, a souligné son interprète, Émile Proulx-Cloutier. Une guerre ouverte s’installera entre Patrick et lui.

Bien sûr, une multitude de péripéties viendra secouer Patrick et Karine, nos deux «adulescents» à la vie pas du tout rangée, qui ne savent pas trop ce qu’ils veulent ni comment aller le chercher. Heureusement, nos tourtereaux sont très unis et ne laisseront pas la tempête happer leur relation.

Marc Beaupré, Patrick Hivon, Guy Jodoin, Christine Beaulieu, Geneviève Brouillette et Gino Chouinard (dans son propre rôle) effectueront tous une apparition dans Boomerang.

Réconfortant et lumineux

Le ton de Boomerang est doux, réconfortant, lumineux. Il n’a rien de cynique ou de désabusé, de baveux ou d’irrévérencieux. Il amuse plus qu’il ne déride aux éclats, il attendrit plus qu’il ne surprend. On n’est pas du tout, ici, dans l’humour cinglant de Rumeurs ou de Mauvais karma, les précédents projets d’Isabelle Langlois, dans la blague caustique des Beaux malaises ou dans l’audace de Série noire ; ce n’est visiblement pas le mandat que se donne Boomerang, qui nous offre plutôt un chaud cocon où on pourra se réfugier pour rire et se détendre sans se casser la tête pendant 30 minutes. «La vérité de la situation est toujours plus importante que le gag», a précisé Catherine-Anne Toupin, spécifiant au passage qu’elle voulait que Boomerang soit axé sur un entourage tissé serré et le bonheur de gens qui s’aiment.

Le réalisateur, Charles-Olivier Michaud, a confié s’être inspiré du style de la série américaine How I Met Your Mother et du film Silver Linings Playbook (Le bon côté des choses) pour insuffler une âme à ce clan coloré qui, précise-t-il, s’engueulera souvent au cours de soupers mémorables. Ce qui fait de Boomerang une œuvre vachement réjouissante, bénéficiant des performances d’acteurs solides et de gags qu’on ne voit pas nécessairement venir à des kilomètres à la ronde.

Qui plus est, le thème est dans l’air du temps. Charles-Olivier Michaud a candidement avoué aux journalistes, lors du visionnement de presse de la semaine dernière, qu’il a lui-même regagné le domicile familial à 28 ans, au retour de ses études en cinéma à Los Angeles. Sans le sou, «pas de cellulaire, pas de vie», le jeune homme n’avait que l’ébauche de son premier film, Snow & Ashes, en poche pour lui permettre de repartir à neuf. Antoine Bertrand avait aussi 28 ans lorsqu’il a finalement quitté la maison qui l’a vu grandir.

Puis, selon des statistiques fournies par l’équipe de production de Boomerang, et publiées dans l’édition de juin 2015 du journal Les Affaires, près de 20% des parents d’aujourd’hui seraient prêts à compromettre leurs acquis financiers présents et futurs pour pouvoir apporter une aide pécuniaire à leurs rejetons, et 43% des jeunes adultes profitent désormais du soutien monétaire de leurs parents et sont hébergés gratuitement par ceux-ci. Ça en fait, des boomerangs lancés dans l’univers, qui finissent par revenir invariablement à leur point de départ, ça…

Boomerang, le lundi, à 19h30, à TVA, dès demain, 14 septembre. Deux web-séries, La crémaillère et Psycho-tonique, impliquant les personnages de Boomerang, seront mises en ligne le 14 et le 21 septembre.

Complexe G: en 2016

Par ailleurs, TVA a dévoilé la semaine dernière ce qu’il adviendra de Complexe G, qui n’apparaît nulle part dans la grille-horaire de l’automne. La deuxième saison de la comédie mettant en vedette Anne Casabonne, Sonia Vachon, Édith Cochrane et Pascale Bussières est enregistrée, et sera diffusée quelque part en 2016. Il n’a pas encore été arrêté si ce sera à l’hiver ou à l’automne.

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