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11/09/2015 07:05 EDT | Actualisé 11/09/2015 07:05 EDT

Cuba : amnistie record avant la visite du pape François

Pope Francis meets Cuban President Raul Castro during a private audience at the Vatican, Sunday, May 10, 2015. Cuban President Raul Castro has been welcomed at the Vatican by Pope Francis, who played a key role in the breakthrough between Washington and Havana aimed at restoring U.S.-Cuban diplomatic ties. (AP Photo/Gregorio Borgia, Pool)
Gregorio Borgia/AP
Pope Francis meets Cuban President Raul Castro during a private audience at the Vatican, Sunday, May 10, 2015. Cuban President Raul Castro has been welcomed at the Vatican by Pope Francis, who played a key role in the breakthrough between Washington and Havana aimed at restoring U.S.-Cuban diplomatic ties. (AP Photo/Gregorio Borgia, Pool)

Les autorités cubaines ont annoncé vendredi l'élargissement de plus de 3.500 prisonniers à l'occasion de la prochaine visite sur l'île du pape François, un geste d'une ampleur sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir des castristes.

Le Conseil d'Etat, organe suprême de l'exécutif cubain, "a décidé de libérer 3.522 prisonniers à l'occasion de la visite de sa sainteté le pape François", prévue du 19 au 22 septembre, a annoncé le quotidien d'Etat Granma.

Ces libérations seront effectives dans 72 heures, a précisé l'organe officiel du Parti communiste cubain (PCC, unique).

Ce geste était attendu après les libérations qui avaient déjà été concédées avant la visite de Benoît XVI en 2012 et un mois après celle de Jean Paul II en 1998. Mais son ampleur dépasse les amnisties de 2012 (moins de 3 000) et 1998 (environ 300).

Dans un communiqué publié dans l'après-midi, la conférence épiscopale cubaine a accueilli cette annonce avec "une profonde satisfaction", rappelant qu'elle avait fait suivre aux autorités cubaines de nombreuses demandes de libérations transmises aux évêques.

Cette nouvelle "constitue un motif de joie et de soulagement spirituel pour ces prisonniers et leurs familles" ainsi que pour l'Eglise cubaine, a ajouté la Commission.

Le quotidien Granma a précisé que cette mesure tient compte "de la nature des faits pour lesquels (les prisonniers) ont été condamnés, de leur comportement en prison, du temps de peine déjà purgé et de leur santé".

Après la libération en janvier dernier de 53 prisonniers dans le cadre du dégel avec les Etats-Unis, il n'existe officiellement plus de prisonniers politiques dans les prisons du pays, même si la Commission cubaine des droits de l'homme (CCDH, interdite mais tolérée par les autorités) en dénombre encore une soixantaine.

Parmi les bénéficiaires de cette amnistie figurent des détenus âgés de plus de 60 ans ou de moins de 20 ans sans antécédents pénaux, les malades chroniques, les femmes, ceux dont la liberté conditionnelle prend fin en 2016 et des étrangers dont le pays garantit l'extradition.

Rôle décisif de l'Eglise

A l'exception de quelques cas "humanitaires", sont en revanche maintenus sous les verrous les auteurs d'assassinats, meurtres, viols, actes pédophiles, trafic de drogue, violences et atteintes la sûreté de l'Etat.

Sont également privés de libération les auteurs de "vol et d'abattage illégal de bétail", délits traditionnellement passibles de plusieurs années de prison sur l'île.

A Cuba, les autorités n'ont pas publié de chiffres sur le nombre de prisonniers depuis 2012. A cette époque, la population carcérale était estimée à environ 57.000 détenus répartis dans 200 centres pénitenciers.

Après des années de fortes tensions, les relations entre l'Eglise et les autorités cubaines se sont progressivement détendues dans les années 2000, dans la foulée de la visite de Jean Paul II, qui entretenait de bonnes relations avec Fidel Castro.

Et en 2010, le cardinal Jaime Ortega, chef de l'Eglise cubaine, avait mené auprès des autorités une médiation décisive pour la libération de quelque 130 dissidents, ouvrant un dialogue jamais interrompu depuis avec le régime de Raul Castro, qui a succédé à son frère à partir de 2006.

Seule institution non officielle reconnue à Cuba, l'Eglise constitue aujourd'hui l'unique interlocuteur politique des autorités.

Elle a apporté son appui aux réformes économiques lancées par Raul Castro, qui en retour a facilité l'accès de l'Eglise aux médias d'Etat, la diffusion de revues paroissiales et l'ouverture à l'automne 2010 du premier séminaire à Cuba depuis un demi-siècle.

Attendu sur l'île le 19 septembre, le souverain pontife doit successivement se rendre à La Havane, Holguin et Santiago de Cuba, et doit s'entretenir en privé avec Raul Castro.

Artisan du rapprochement historique entre La Havane et Washington, François se rendra ensuite aux Etats-Unis.

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