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Parrainer un réfugié : une question de coeur, d'argent et de temps

Les organismes ou groupes de personnes qui, comme le premier ministre Philippe Couillard, sa femme et un groupe d'amis, souhaitent parrainer un réfugié, doivent franchir quelques étapes et s'engager financièrement durant un an auprès de ceux qu'ils souhaitent prendre en charge au Québec.

Selon le programme de parrainage collectif du Québec, les personnes intéressées à parrainer un réfugié devront former un groupe de deux à cinq personnes, déposer leur demande, préparer l'accueil du parrainé et sa famille, accompagner le parrainé dans ses démarches d'intégration et éventuellement aider le parrainé à faire venir au Québec son conjoint ou ses enfants.

Les membres d'un groupe comme celui qu'a formé Philippe Couillard devront en outre payer les dépenses de logement, d'ameublement, de nourriture et de vêtements pour une période d'un an, ce qui peut représenter une somme de 18 000 $ à 20 000 $.

Andrée Juneau, coordonnatrice du Service d'accueil aux réfugiés de Québec qui a accueilli 1000 familles en 27 ans, les parrains doivent aussi s'attendre à offrir un soutien moral parfois éprouvant.

« Il n'y a personne qui avait ça comme rêve dans la vie d'être réfugié. Il y a le deuil de son pays, celui des gens qu'ils ont laissés là-bas, des membres de leur famille qui sont morts, de la profession qu'ils exerçaient, de leur réseau social, c'est un paquet de deuils », souligne-t-elle.

Délais décourageants pour certains

Mme Juneau affirme aussi que le groupe de parrainage devra faire preuve de patience. Entre le moment où l'engagement de parrainage est signé et celui où la famille arrive au Québec, il peut s'écouler jusqu'à six ans. La famille doit d'abord obtenir le statut de réfugié.

« C'est le Canada qui va déterminer si cette famille a un statut de réfugié ou non, donc ça peut prendre du temps à moins que le fédéral mette une procédure d'urgence », souligne-t-elle.

Elle ajoute que son organisme a essuyé plus de 40 % de refus au fil des ans.

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