Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Élections au Guatemala: l'ancien favori pourrait être écarté du second tour

CIUDAD DE GUATEMALA — Le soulèvement populaire contre l'élite politique du Guatemala ayant contribué à la disgrâce de l'ancien président Otto Perez Molina dans la foulée d'un scandale de corruption semble s'être poursuivi dans les bureaux de vote.

Les Guatémaltèques, qui ont été appelés aux urnes dimanche afin d'élire un nouveau président, ont relégué l'ex-favori de la course, Manuel Baldizon, à la troisième place en lui préférant Jimmy Morales, un humoriste sans aucune expérience politique.

M. Morales, qui n'a tout de même récolté que 24 pour cent des voix après le dépouillement de 98 pour cent des bulletins de vote, sera donc du second tour, prévu pour le 25 octobre.

Riche homme d'affaires et politicien chevronné, M. Baldizon arrivait en tête dans les sondages avant l'éclatement du scandale qui a renversé l'administration Molina. Lundi soir, il se trouvait à 3000 voix derrière Sandra Torres, une ancienne première dame ayant recueilli 19,7 pour cent des quelque cinq millions de votes.

Luis Fernando Mack, un professeur à la Faculté latino-américaine de sciences sociales, a déclaré que la lutte pour la deuxième place serait féroce et que le tribunal électoral aurait du mal à trancher.

Le juge du tribunal électoral Julio Solorzano a affirmé que c'était la première fois de l'histoire du Guatemala que deux candidats se disputaient la seconde place pour le deuxième tour. Il a aussi annoncé qu'à 70 pour cent, le taux de participation du scrutin de dimanche était le plus élevé jamais enregistré par le pays d'Amérique centrale dans le cadre d'une élection démocratique.

Les 14 candidats à la présidence du Guatemala devaient relever un défi de taille, dimanche: essayer de remporter la faveur d'une population qui a envoyé leur prédécesseur en prison où il attend de savoir si des accusations seront déposées contre lui.

La plupart des aspirants présidents appartenaient à la vieille garde et avaient annoncé leur candidature avant que des procureurs soutenus par un vaste mouvement anticorruption renversent le gouvernement d'Otto Perez Molina. Plusieurs électeurs étaient si sceptiques qu'ils avaient même fait campagne pour que les élections soient reportées afin de donner le temps à de nouveaux candidats de se lancer dans la course.

Découvert par des procureurs et par la CICIG, une agence de l'ONU enquêtant sur les réseaux criminels au Guatemala, le scandale de corruption implique un stratagème baptisé «La Linea» («La ligne»), qui aurait fait perdre des millions de dollars à l'État guatémaltèque.

Molina est présentement détenu et pourrait être accusé en lien avec ce stratagème, dans le cadre duquel des hommes d'affaires versaient des pots-de-vin aux services frontaliers du pays afin de ne pas payer de droits de douanes sur les importations.

Sonia Perez D., The Associated Press

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.