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05/09/2015 00:45 EDT | Actualisé 04/09/2016 01:12 EDT

Un temps favori, Jeb Bush contraint d'accélérer la cadence

"Il est censé gagner mais n'en a juste pas l'énergie": la sévère pique cette semaine du candidat républicain Donald Trump à l'encontre de son rival Jeb Bush en dit long sur la propension du milliardaire à cogner dur.

Mais elle met surtout en avant les défis auxquels est confronté Jeb Bush, considéré un temps comme le candidat de son parti le plus susceptible d'être élu président des Etats-Unis en 2016.

La campagne électorale de Bush, pourtant la mieux financée, montre un déconcertant manque d'envergure par rapport à celle de l'impétueux Donald Trump, ce qui renforce selon des analystes le scepticisme sur la capacité de Jeb Bush à succéder à son frère et à son père à la Maison Blanche.

Depuis juillet, Jeb Bush est en baisse constante dans les sondages.

Il semble peu enthousiasmer les foules, comme en atteste un clip que ses adversaires ont largement exploité, montrant un homme écoutant Bush lors d'une table ronde et piquant du nez.

Et il a du mal à faire passer son message, comme lorsqu'il s'y est pris à trois reprises cet été pour expliquer sa position sur la guerre en Irak menée par son frère George W. Bush.

Dans le camp républicain, "on n'a jamais gagné depuis 1980 sans" un Bush à l'élection présidentielle, souligne Erick Erickson sur son populaire blog Red State. "Mais je ne suis pas prêt à dire que le parti de Lincoln dépend de la dynastie Bush".

Dans les sondages, les électeurs républicains partagent ces appréhensions.

Dans l'Iowa (centre), où se tiendront en février les premières élections primaires, Bush arrive à la sixième place selon l'institut RealClearPolitics, derrière Trump et deux autres candidats moins connus, le neurologue Ben Carson et la femme d'affaires Carly Fiorina.

- Magnétophone -

Dans le New Hampshire (nord-est), Jeb Bush arrive à la troisième place, après avoir occupé la première à la mi-juillet.

"Je ne doute pas que Bush comprenne qu'il doive changer le discours de sa campagne", estime G. Terry Madonna, politologue au Franklin and Marshall College.

"Les gens attendaient beaucoup plus", dit-il.

Des candidats inconnus au départ comme Trump ou Carson ont attisé le sentiment populiste en s'en prenant au microcosme politique de Washington, qui est partagé par beaucoup de conservateurs.

Mais "Bush est pris au piège, car il a été la quintessence de l'homme politique de l'establishment" à une période où le milieu politique était discrédité, explique M. Madonna.

Quand Trump attire les caméras, Bush, lui, a du mal à faire passer son message en faveur d'une intégration des immigrés, qu'il juge nécessaire pour accéder à la Maison Blanche.

Bush est perçu comme "un magnétophone humain" qui ne fait que régurgiter les messages conçus par ses conseillers, explique l'analyste Larry Sabato, de l'université de Virginie (est).

"Quoi que vous pensiez de lui, Trump n'est pas un automate", note Sabato. "On ne peut pas détourner son regard de lui parce qu'on ne sait pas ce qu'il va dire juste après".

Face aux attaques constantes de Trump, Jeb Bush a contre-attaqué, estimant que le magnat de l'immobilier était en fait plus démocrate que républicain, et rappelant qu'il avait soutenu l'avortement et une hausse des impôts pour les riches.

Et quand Trump lui a suggéré de parler anglais quand il est aux Etats-Unis -- Bush parle souvent en espagnol lors de ses meetings --, il lui a lancé une de ses plus virulentes remarques: "Trump tente de gagner la présidence à coups d'insultes, a-t-il déclaré sur ABC News.

"Il attise les peurs et la colère des gens plutôt que leurs plus grandes espérances", a-t-il ajouté.

Entre Trump et Bush, l'histoire pencherait plutôt en faveur du dernier. Car il y a toujours eu des outsiders au sein du parti républicain qui ont essayé de sortir du lot, jusqu'à ce que le parti soutienne un candidat modéré comme Mitt Romney, John McCain ou George W. Bush.

Mais ces primaires républicaines, avec 17 candidats dont beaucoup sont anti-establishment, n'ont rien de typique. Elles sont même "les moins prévisibles" de la période récente, constate M. Madonna.

mlm/are/lb/plh

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