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05/09/2015 11:46 EDT | Actualisé 05/09/2016 01:12 EDT

Nigeria: 100 jours au pouvoir, une journée de "réflexion" pour Muhammadu Buhari

Le président nigérian Muhammadu Buhari a passé samedi le seuil de ses 100 jours à la tête du Nigeria sans cérémonie, en pleine "réflexion" dans sa ville natale dans le nord-est du pays, a affirmé son porte-parole.

M. Buhari "ne considère pas que 100 jours en fonction marquent une étape importante. Il est plongé dans une réflexion sobre et se repose dans sa ville de Daura", a expliqué Garba Shehu à l'AFP.

"Il n'y a aucun officiel présent pour marquer le coup: se vanter de ses accomplissements, ce n'est pas pour lui", a ajouté le porte-parole.

Muhammadu Buhari, 72 ans, est déterminé à "combattre l'insécurité, remettre l'économie sur pieds et éliminer la corruption. Ce sont les objectifs qu'il a poursuivis au cours de ces 100 derniers jours", a assuré M. Shehu.

Pendant ces 100 jours, les médias nigérians ont soutenu l'action de leur président. S'ils se sont montrés critiques face à son apparente préférence pour ceux qui, comme lui, sont originaires du nord du Nigeria, la plupart trouvent qu'il soutient avantageusement la comparaison avec son prédécesseur, Goodluck Jonathan.

Selon Bayo Olupohunda, éditorialiste du journal privé Punch, "100 jours, ce n'est qu'une goutte d'eau dans la mer pour la vie d'une nation. Les trois derniers mois depuis l'intronisation de l'administration de Buhari semblent plus importants aux Nigérians que l'euphorie du retour à la démocratie il y a 16 ans".

L'élection de ce Peul a été lourde de symbole: il s'agissait de la première alternance démocratique depuis la fin des dictatures militaires au Nigeria en 1999.

Toutefois, plus de trois mois après son arrivée, l'ancien général n'a toujours pas nommé son gouvernement.

"L'économie souffre du fait que le président tarde à nommer ses ministres", estime Paul Igbinoba, économiste basé à Lagos. "Le président doit agir plus rapidement dans la nomination de ses ministres clés et la mise en place de son équipe économique", a-t-il conclu.

Dans la capitale économique Lagos et d'autres endroits du pays, de nombreux habitants se réjouissent toutefois d'une amélioration substantielle de l'alimentation électrique au cours des trois derniers mois.

L'administration nigériane a d'ailleurs récemment annoncé que l'alimentation électrique était passée dans le pays de moins de 3.000 mégawatts, avant l'arrivée de M. Buhari, à quelque 5.000 MW.

Bien que cet objectif ait été fixé par l'administration précédente de Goodluck Jonathan, M. Shehu impute cette amélioration au nouveau président: "maintenant, affirme-t-il à une chaîne de télé nigériane, les gens font les choses correctement, il y a une bonne gestion et une meilleure collaboration avec les parties prenantes".

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