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05/09/2015 09:15 EDT | Actualisé 05/09/2016 01:12 EDT

Les migrants arrivent par milliers en Autriche et en Allemagne, la crise va "durer"

Des milliers de migrants arrivaient samedi en Autriche et en Allemagne en provenance de Hongrie, au milieu de scènes chaotiques, et la chef de la diplomatie européenne a averti que cette crise allait "durer".

"Nous sommes face à un événement dramatique. La crise est là pour durer", a affirmé Federica Mogherini à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Luxembourg.

"Plus tôt on l'acceptera (...) Plus tôt on sera en mesure d'y répondre efficacement", a estimé la représentante européenne.

Au moins 500 personnes bloquées en Hongrie depuis plusieurs jours, dans des conditions éprouvantes, ont entamé samedi une nouvelle marche depuis la gare centrale de Budapest vers la frontière autrichienne, distante de 175 km, selon un journaliste de l'AFP.

Vendredi, quelque 1.200 migrants s'étaient mis en marche vers la frontière avec l'Autriche, poussant les autorités hongroises à conduire des milliers d'autres en bus à la frontière. Mais aucun bus n'était visible samedi.

En Allemagne, des centaines de migrants venus de Hongrie via l'Autriche ont débarqué samedi matin à la gare de Munich (sud), qui attendait encore une douzaine de trains dans l'après-midi, selon la police fédérale.

- 'Merci les Autrichiens' -

L'Autriche, qui prévoit l'arrivée de 10.000 personnes dans la journée, ainsi que l'Allemagne qui en escompte jusqu'à 7.000, ont donné leur accord pour les accueillir.

"Je me tiens à la frontière avec la Hongrie et je regarde. Le flux (de personnes) se poursuit", a témoigné Hans Peter Doskozil, chef de la police de l'Etat du Burgenland (est de l'Autriche), en décrivant des scènes d'exode inédites qui illustrent la pire crise migratoire en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

A la gare de Vienne, les nouveaux arrivants, drapés dans des couvertures, certains portant des enfants endormis dans les bras, étaient accueillis par une armée de bénévoles munis de nourriture, de boissons, de savons et de tickets de train.

"Mes doigts de pied me font mal, je saigne. Nous avons trop marché. Je veux aller jusqu'en Allemagne mais après je m'arrête", a raconté à l'AFP un Syrien de 26 ans, originaire de la ville dévastée de Homs (ouest), les pieds enveloppés d'épais bandages.

Un des réfugiés brandissait une pancarte disant "Merci les Autrichiens".

"Après d'innombrables exemples de traitements honteux des réfugiés et des migrants par les gouvernements en Europe, c'est un soulagement de voir enfin une once d'humanité. Mais c'est loin d'être terminé, à la fois en Hongrie et en Europe", a prévenu un responsable d'Amnesty International.

La situation devient intenable pour les autorités hongroises débordées: plus de 50.000 migrants, pour la plupart voulant rejoindre l'Allemagne et les autres pays d'Europe occidentale, sont arrivés pour le seul mois d'août en Hongrie.

Sur la sellette, le ministre hongrois des Affaires étrangères s'est défendu samedi matin contre les "critiques".

"Ce qui s'est passé en Hongrie depuis la nuit dernière est la conséquence, d'abord de l'échec de la politique migratoire de l'Union européenne", a accusé Peter Szijjarto, rejetant la responsabilité sur "les déclarations irresponsables" de l'Allemagne, qui a annoncé qu'elle ne renverrait pas les réfugiés syriens vers le pays par lequel ils sont rentrés dans l'UE.

- 'Le bazar en Europe' -

En Méditerranée aussi, les arrivées par centaines en provenance des côtes turques proches se poursuivaient à un rythme soutenu sur les îles grecques d'Egée orientale, selon le ministère de la Marine.

Sur l'île de Lesbos, qui recueille a elle seule la moitié de ces flux, de brefs incidents ont opposé dans la matinée la police à des réfugiés et migrants qui protestaient devant leur centre d'accueil contre la lenteur de leur enregistrement, préalable à leur départ pour Athènes, selon les TV grecques.

Sur le terrain diplomatique, à Luxembourg, le ministre autrichien des Affaires étrangères a exhorté l'UE à "ouvrir les yeux", estimant que l'évacuation en bus des migrants par la Hongrie montrait "à quel point c'est le bazar en Europe en ce moment".

"J'espère que cela va réveiller" les dirigeants européens car "cela ne peut pas continuer comme ça", a plaidé Sebastian Kurz.

Le chef de la olice hongroise, Karoly Papp, a annoncé samedi que son pays n'affréterait pas d'autres bus pour les migrants.

Les Européens sont sous pression pour faire preuve de solidarité et d'humanité après que plus de 366.000 personnes ont traversé la Méditerranée depuis le début de l'année, et que 2.800 sont mortes en effectuant ce périple, selon l'ONU.

Le HCR a appelé vendredi à la répartition d'au moins 200.000 demandeurs d'asile dans l'Union européenne. La Commission européenne va proposer la semaine prochaine aux 28 Etats membres de l'UE de se répartir l'accueil de 120.000 réfugiés.

Les images choc du petit garçon syrien Aylan échoué sur une plage turque ont ému les dirigeants européens, dont le Premier minsitre David Cameron qui a annoncé samedi que la Grande-Bretagne accueillerait "des milliers" de réfugiés syriens, et fait naître un immense élan de solidarité dans le monde.

Le Premier ministre finlandais Juha Sipilä a lui proposé samedi d'héberger des réfugiés dans sa maison de campagne, en espérant que cela déclenchera "une sorte de mouvement populaire" dans le pays qui n'arrive pas à loger tous les réfugiés qui affluent.

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