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04/09/2015 21:35 EDT | Actualisé 04/09/2016 01:12 EDT

L'Autriche et l'Allemagne prêtes à recevoir des milliers de migrants, acheminés en bus depuis la Hongrie

L'Autriche et l'Allemagne acceptent toutes deux de recevoir les milliers de migrants partis à pied de Budapest, que la Hongrie s'est résolue à acheminer à sa frontière en bus, a annoncé samedi la chancellerie à Vienne.

Cette décision, motivée par "la situation d'urgence actuelle à la frontière hongroise", a été annoncée au Premier ministre hongrois Viktor Orban par le chancelier autrichien Werner Faymann, "en concertation" avec la chancelière allemande Angela Merkel, a précisé la chancellerie autrichienne à l'agence APA.

Le gouvernement hongrois a annoncé vendredi soir mobiliser une centaine de cars pour transporter jusqu'à la frontière autrichienne quelque 1.200 migrants en marche vers cette frontière, en une scène d'exode inédite, ainsi que ceux toujours massés dans la principale gare de Budapest, la capitale hongroise.

Les premiers cars transportant des migrants sont partis de la gare de Budapest-Keleti tôt samedi.

A bord d'un bus emmenant une cinquantaine de personnes, beaucoup dormaient allongées à même le sol, épuisées, a constaté un journaliste de l'AFP à bord. Parmi ceux qui veillent, aucune manifestation de joie, certains craignant encore d'être transférés dans un camp hongrois, mais l'inquiétude diminuait au fur et à mesure que le véhicule progressait vers l'ouest.

Mohammed, 26 ans, est originaire de Damas, en Syrie ravagée par la guerre. Il se détend quelque peu en apercevant le Danube à travers les vitres: "J'en avais entendu parler mais je ne l'avais jamais vu. C'est magnifique!".

Peu auparavant, d'autres cars ont commencé à prendre en charge des migrants partis à pied sur l'autoroute reliant la capitale hongroise à l'Autriche.

A 2.000 kilomètres de là, dans la ville syrienne de Kobané (nord), quelques dizaines de personnes en pleurs ont assisté vendredi à l'inhumation d'Aylan Kurdi, ce petit garçon de trois ans mort noyé pendant qu'il tentait avec sa famille de rallier l'île grecque de Kos, et dont la photo du corps échoué sur une plage turque a envoyé une onde de choc dans le monde entier.

En Hongrie, où se sont rendus plus de 50.000 migrants pour le seul mois d'août - des arrivées sans précédent par leur ampleur -, un Pakistanais de 51 ans est mort en fin d'après-midi, dans des circonstances pas encore élucidées, quand 350 migrants se sont échappés d'un train immobilisé depuis jeudi à Bicske, près de Budapest, d'où les autorités souhaitaient les transférer dans un camp.

- Béquilles et fauteuil roulant -

Un cortège joyeux et déterminé de quelque 1.200 migrants, selon une évaluation de la police, dont des personnes en fauteuil roulant ou s'aidant de béquilles, s'était mis en marche vendredi midi vers la frontière autrichienne, située à quelque 175 kilomètres de la capitale Budapest. Les autorités avaient en effet interdit tout départ de train vers l'Autriche et l'Allemagne, riches pays européens que la plupart des migrants rêvent d'atteindre.

Une cinquantaine de ces marcheurs, embarqués dans un bus sur l'autoroute, sont arrivés tôt samedi matin au poste-frontière de Hegyeshalom-Nickelsdorf, sur la frontière autrichienne, selon l'agence officielle hongroise MTI.

300 migrants s'étaient également brièvement échappés vendredi d'un camp de premier accueil situé près de la frontière serbe à Röszke, poussant Budapest à fermer provisoirement et partiellement ce poste-frontière autoroutier.

Dans ce contexte, le Parlement hongrois a voté d'urgence un durcissement de la législation en matière d'immigration. Les textes renforcent les possibilités de déploiement de l'armée aux frontières et rendent l'immigration illégale passible de trois ans de prison.

- Est contre Ouest -

La Hongrie critique vertement l'Allemagne, qui a décidé de ne pas renvoyer les réfugiés syriens vers leur pays d'entrée en Europe, ce qui crée selon elle un appel d'air.

Les Européens sont sous pression pour faire preuve de solidarité après que plus de 300.000 personnes ont traversé la Méditerranée depuis le début de l'année, et que plus de 2.600 sont mortes en effectuant ce périple.

Les divergences au sein de l'Union, "entre l'Est et l'Ouest" selon le président du Conseil européen Donald Tusk, révèlent un continent déchiré entre la fermeté face à l'afflux massif de déplacés à ses frontières extérieures et les appels à la solidarité.

Le Haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a appelé vendredi à la répartition d'au moins 200.000 demandeurs d'asile dans l'Union européenne. La veille, la Commission européenne avait proposé aux Etats membres de l'UE de se répartir l'accueil de 120.000 réfugiés.

Elle envisage aussi de demander des compensations financières - pour une durée limitée et "des raisons objectives" - aux pays qui refuseraient d'accueillir des réfugiés sur leur sol, selon une source européenne.

L'Allemagne, qui va recevoir un nombre record de 800.000 demandes d'asile cette année, et la France plaident ouvertement pour un système de répartition européen, la chancelière allemande Angela Merkel évoquant des "quotas contraignants".

Dans le même temps, à Madrid et à Barcelone (Espagne), des centaines de personnes ont manifesté vendredi soir pour réclamer de davantage aider les migrants.

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