POLITIQUE
05/09/2015 06:31 EDT | Actualisé 05/09/2015 06:32 EDT

Élections fédérales 2015 : Les conservateurs ont commencé leur campagne en douceur

Steve Russell via Getty Images
TORONTO, ON- AUGUST 31 - Prime Minister Stephen Harper talks with Toronto Blue Jays manager John Gibbons and Buck Martinez as he walks around batting practice with Robbie Alomar before theToronto Blue Jays play the Cleveland Indians at the Rogers Centre in Toronto. August 31, 2015. (Steve Russell/Toronto Star via Getty Images)

OTTAWA — Même si on ne pourrait jamais le deviner en assistant aux rassemblements des conservateurs, le parti s'est récemment donné comme mot d'ordre de conserver pour l'instant un rythme de croisière afin de tenir le coup pour cette longue campagne.

Dans un marathon de 11 semaines, personne ne doit s'épuiser, soutient-on dans les rangs conservateurs. Le chef, les employés et les partisans doivent garder le cap jusqu'à la fin. Jusqu'à maintenant, le parti est donc resté relativement sobre dans ses événements quant à leur forme et leur contenu.

Les organisateurs régionaux se sont fait dire de ne pas s'inquiéter à l'idée de remplir les salles, a indiqué une source conservatrice. Sault-Sainte-Marie, en Ontario, seulement quelques dizaines de personnes étaient rassemblées dans une salle où il faisait tellement chaud que certaines d'entre elles ont piqué un somme.

Les partisans n'assisteront pas à tous les événements politiques et des centaines d'entre eux sont attendus dans les six prochaines semaines, alors il est plus souhaitable d'avoir un public plus restreint maintenant que plus tard, ont expliqué les conservateurs.

Les organisateurs ont d'ailleurs été pris par surprise lorsque des centaines de personnes supplémentaires s'étaient présentées à un rassemblement à Abbotsford, en Colombie-Britannique. Au moins 200 partisans ont dû se résoudre à s'asseoir derrière l'emplacement des médias, où sont normalement postés les gardiens de sécurité et les employés du parti. Quelques dizaines d'autres débordaient dans les escaliers et sur les balcons de l'atelier de production où se tenait l'événement.

Ce public nombreux et animé a donné lieu à un rassemblement particulier puisque le parti a dû modifier les procédures habituelles qui caractérisent chaque événement. Le député sortant de la région, Mark Strahl a entonné l'hymne national du Canada, avant que l'ancien député Stockwell Day prenne la parole pour livrer un discours plus personnel et avec une touche d'humour.

« Je ne crois pas que j'ai eu de tels applaudissements depuis que je me suis levé à la Chambre des communes il y a quatre ans pour dire que je m'en allais », a-t-il raillé.

Mais ces interventions plus personnalisées sont parfois tombées à plat. Delta, en Colombie-Britannique, les partisans brandissaient des pancartes qui portaient des inscriptions à la main. Or, en les observant de plus près, on pouvait comprendre que les lettres avaient probablement été tracées de la même main.

Les conservateurs se sont souvent fait reprocher de ne pas tendre la main aux électeurs encore incertains en vue du scrutin. Le parti rétorque que toute personne qui est intéressée à entendre le message de Stephen Harper peut recevoir une invitation à ces événements en envoyant un courriel aux organisateurs.

Yan Roberts, un militant de North Bay, en Ontario, s'est inscrit facilement pour assister à un rassemblement conservateur dans sa ville. Il n'est pas partisan de M. Harper et quand il a tenté de l'approcher en arborant un chandail portant l'inscription « Water not Harper » (« De l'eau, pas Harper »), il a immédiatement été arrêté par des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il a finalement accepté de quitter l'endroit, escorté par des organisateurs.

Le chef conservateur interagit rarement avec les indécis ou ses détracteurs, mais il se rapproche peu de sa base, également. Ses candidats ont la possibilité de prendre une photo en sa compagnie lorsqu'il est de passage dans leur région et c'est souvent le seul contact qu'ils auront. Les grands donateurs au parti ont sensiblement le même traitement.

Cette semaine, M. Harper a toutefois dérogé de ses habitudes en s'adressant directement à la foule. Surrey, en Colombie-Britannique, le premier ministre sortant a délaissé ses notes pour livrer un discours émotif sur les réfugiés. Pendant son allocution, un homme du public a lancé : « J'en suis un! » Au lieu d'ignorer son commentaire, le chef lui a demandé d'où il venait et il lui a souhaité la bienvenue au pays.

C'était un moment rare d'échange personnel, ce que les conservateurs essaient de recréer à certains moments ponctuels de la campagne. Par exemple, M. Harper est allé dans un restaurant Tim Hortons pour servir du café et il a appliqué du glaçage de couleur bleue sur des gâteaux dans une épicerie indépendante de Burlington, en Ontario.

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