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05/09/2015 16:55 EDT | Actualisé 05/09/2016 01:12 EDT

Chrissie Hynde raconte ses aventures de jeunesse au Canada

TORONTO — Bien que la plupart des flirts amoureux de Chrissie Hynde soient connus de façon exhaustive, l'un d'entre eux a probablement échappé à l'attention du public: sa longue histoire d'amour avec le Canada.

Comme elle l'écrit dans ses mémoires, «Reckless: My Life as a Pretender», qui doivent paraître le 8 septembre, elle s'est rendue pour la première fois au nord de la frontière à l'âge de 18 ans, avide d'aventures. Elle était alors étudiante à l'université Kent State, en Ohio.

Elle avait dit à ses parents qu'elle allait dans une maison de campagne de Port Carling, en Ontario, mais elle s'est plutôt rendue avec ses amis de Cleveland à Toronto, explorant le sud-ouest de l'Ontario en auto-stop.

«Quand je suis allée à Toronto, c'est la première véritable grande ville que je découvrais», a raconté la chanteuse et guitariste des Pretenders lors d'une entrevue téléphonique de sa résidence de Londres. «Certains des étudiants de Kent State parlaient de "T.O." comme d'un endroit vraiment super. Et ils allaient là et se faisaient confectionner des bottes ou d'autres trucs — des choses qu'on ne pouvait trouver en Ohio.

«La première fois que je suis allée à Toronto, je suis tout simplement tombée amoureuse de la ville. Marcher dans les rues d'une vraie ville — et c'est une belle ville.»

Chrissie Hynde était conquise. Elle a loué un appartement avec son copain de l'époque et a trouvé un boulot comme serveuse dans un restaurant indien.

Mais son «rêve canadien» a pris fin abruptement quand le copain en question a eu peur qu'en quittant les États-Unis de façon prolongée, il soit considéré comme un objecteur de conscience fuyant la conscription.

Comme elle l'écrit, ce fut «la seule fois de (sa) vie qu'un homme prendrait une décision» pour elle.

Mais aujourd'hui, elle comprend.

«Du point de vue d'un homme, la réalité était qu'il risquait de ne jamais pouvoir retourner à la maison», dit-elle, tout en soulignant que les objecteurs de conscience de la guerre du Vietnam étaient des «héros».

Ce n'était toutefois pas la fin de ses aventures canadiennes. Peu après son premier séjour, elle est revenue au pays pour rendre visite à un jeune homme qu'elle avait rencontré lors d'un voyage au Mexique. Mais ils se sont rapidement séparés, laissant Chrissie sans endroit pour dormir. Elle a abordé un inconnu qui promenait son chien et lui a demandé s'il pouvait l'héberger.

L'homme en question vivait à Rochdale College, un projet coopératif d'éducation alternative qui a vu le jour en 1968 à Toronto, où le logement et la formation étaient gratuits, mais qui a dégénéré en repaire de drogue et de criminalité.

Chrissie Hynde a été impressionnée.

«Rochdale était hallucinant, se souvient-elle. Je n'avais jamais rien vu de tel. C'était une grosse communauté qui était gérée par les gens, qui avait son propre système de police, sa station de radio, ses vendeurs de drogue et tout le reste.

«Dans mon esprit, je venais de découvrir le paradis, ajoute-t-elle. C'était beaucoup plus expérimental que tout ce qu'on pouvait trouver aux États-Unis. Je pensais que c'était un nouveau monde courageux.»

À un certain moment, Chrissie Hynde a même envisagé de déménager au Canada.

Après avoir étudié pendant trois ans à Kent State, elle a vécu un déchirement. Elle venait d'être acceptée à l'École d'art et de design de l'Ontario à Toronto — même si son portfolio ressemblait à «une maigre collection de pacotilles à moitié terminées». Mais ses parents, de plus en plus inquiets par ses vagabondages, ont refusé de payer les droits de scolarité.

Elle a plutôt choisi de s'installer à Londres, où elle a travaillé pour le magazine «New Musical Express» et dans la boutique SEX de Malcolm McLaren et Vivienne Westwood. Elle s'est créé un cercle social qui comprenait des membres des Sex Pistols, de Clash et de Motörhead. C'est dans cette ville qu'elle a fondé les Pretenders, et où elle vit depuis.

«Je n'y avais pas pensé à l'époque, mais (le Canada) me paraissait certainement plus britannique que l'Ohio. C'était en quelque sorte un pas dans la bonne direction, analyse-t-elle. À l'époque, pour moi qui venais d'Akron en Ohio, Toronto était vraiment très loin. Mais aujourd'hui, quand je regarde les choses globalement, je vois que nous étions voisins.»

Nick Patch, La Presse Canadienne

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