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05/09/2015 02:16 EDT | Actualisé 05/09/2016 01:12 EDT

Burkina: le parlement vote une loi dépénalisant les délits de presse

L'assemblée intérimaire du Burkina Faso a adopté vendredi un nouveau code de la presse supprimant les peines de prison pour les journalites accusés de délits de presse, à quelques semaines de la présidentielle du 11 octobre.

Ce texte, adopté après de houleux débats, substitue aux peines d'emprisonnement des amendes allant de 1 à 5 millions de FCFA (1.500 à 7.500 euros), contre des amendes de 10 à 15 millions (15.000 à 22.500 euros) proposés par le gouvernement dans une première mouture.

Le nouveau code abroge également les peines privatives de liberté et prévoit en lieu et place des amendes en cas de diffamation.

Cependant, en cas de récidive pour les délits d'outrage, d'injure et de diffamation, le double de la peine sera prononcé, précise le texte, voté par 58 voix pour, 1 contre et 7 abstentions.

Des organisations professionnelles des médias et syndicats de journalistes "peu satisfaits", ont unanimement fustigé ce texte en "déphasage avec la réalité" des médias locaux.

S'il supprime les peines d'emprisonnement, le texte propose cependant des amendes pouvant conduire à la disparition des journaux.

"La nouvelle disposition fait peser de graves risques sur les entreprises de presse, l'emploi des journalistes et de nombreux autres secteurs d'activités connexes", a jugé le président de la Société des éditeurs de la presse privée du Burkina, Lookmann Sawadogo.

Selon lui, les amendes ne devraient pas excéder 1 million (1.500 euros) F CFA car "95% des organes de presse au Burkina, disparaitront s'ils écopent d'une amende de 2 millions de F CFA (3.000 euros)".

Des parlementaires, estimant que de telles amendes entraineraient "la fermeture pure et simple" des médias, sont également montés au créneau obligeant le président du parlement à suspendre les échanges pour consulter le gouvernement.

L'ancien code de l'information, datant de 1993, condamnait le journaliste à une peine d'emprisonnement assorti d'une amende de 500.000 à 1 million FCFA.

Mis en place après la chute de Blaise Compaoré, le régime de "transition" dirigé par le président Michel Kafando et le Premier ministre Isaac Zida doit prendre fin avec les élections présidentielle et législatives dont le premier tour est prévu le 11 octobre.

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