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04/09/2015 06:13 EDT | Actualisé 04/09/2015 06:13 EDT

Crise des migrants : le groupe de Visegrad s'oppose aux quotas de réfugiés (VIDÉO)

Les quatre pays du groupe de Visegrad ont réaffirmé vendredi à Prague leur refus de quotas automatiques de réfugiés, tandis que Prague et Bratislava ont proposé un couloir ferroviaire pour les Syriens entre la Hongrie et l'Allemagne.

« La République tchèque et la Slovaquie pourront établir un corridor ferroviaire pour les réfugiés syriens se rendant de Hongrie en Allemagne, si Berlin et Budapest se mettent d’accord là-dessus », a déclaré en marge du sommet le ministre tchèque de l'Intérieur, Milan Chovanec, lors d'un point de presse conjoint avec son homologue slovaque.

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a aussitôt approuvé. « Merci aux Tchèques et Slovaques pour ce couloir (...) l'Allemagne doit leur garantir (aux réfugiés) un visa pour que nous puissions les laisser partir », a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet.

« Nous laisserions passer ces trains sans contrôler davantage ces migrants, nous les accompagnerions seulement », a précisé le ministre tchèque, avec « assistance policière ».

M. Chovanec a noté que la Hongrie devrait dans ce cas « garantir qu'il s'agit bien de Syriens », rappelant dans ce contexte l'existence d'un trafic de faux passeports de ce pays, en proie à la guerre civile.

Tant les ministres de l'Intérieur que les quatre chefs de gouvernement ont réaffirmé leur refus des quotas proposés par la Commission européenne et soutenus notamment par l'Allemagne.

La première ministre polonaise, Ewa Kopacz, a déclaré une nouvelle fois que chaque pays devait pouvoir prendre une « décision souveraine » sur son niveau d'engagement. Une méthode différente serait « contre-productive », a-t-elle ajouté.

« Nous rejetons le système de quotas qui introduirait un nouveau mécanisme de redistribution » des réfugiés, a insisté son homologue tchèque Bohuslav Sobotka, tandis que son ministre de l'Intérieur tchèque disait que « les quotas, ce n'est pas une solution ».

« D'autant, a ajouté M. Chovanec, que nous ne savons même pas selon quelle formule on doit répartir les migrants et surtout comment nous devons les retenir sur le territoire tchèque et slovaque, alors que presque personne ne veut y rester ».

Le premier ministre slovaque Robert Fico a demandé que le système Schengen soit défendu, déplorant qu'il soit sur le point de laisser entrer sans aucun contrôle 100 000 personnes, dont certains, selon les services de renseignement de son pays, pourraient être liés « à des organisations terroristes ».