POLITIQUE
03/09/2015 11:08 EDT | Actualisé 04/09/2015 05:43 EDT

Élections fédérales 2015 : Éric Girard, le candidat vedette discret des conservateurs (VIDÉO)

Au-delà des recrues mises de l’avant au Québec, parmi lesquelles figurent Gérard Deltell, Pascale Déry et Alain Rayes, entre autres, un autre candidat reste loin des projecteurs. Peu habitué aux caméras et aux entrevues, Éric Girard a toutefois l’habitude de gérer des gros portefeuilles. Rencontre avec le trésorier de la Banque nationale qui troque les chiffres sur son écran pour les soupers spaghetti dans Lac-Saint-Louis.

Quand le chef conservateur Stephen Harper parlait de remettre Montréal à la table des décisions, le jour du déclenchement des élections, il ne visait pas seulement Robert Libman dans Mont-Royal. Les conservateurs ont aussi dans leur mire le West Island, fief libéral occupé par Francis Scarpaleggia depuis 2004.

Le parti n’a pas lésiné sur les moyens quand est venu le temps de faire connaître leur candidat. Quelque 400 personnes étaient présentes à son lancement de campagne , en juin dernier, où l’on retrouvait également l’ancien premier ministre Brian Mulroney venu appuyer un ami de la famille. Il voit en Éric Girard la possibilité de faire élire un premier député conservateur sur l’île.

Lors de son sprint de trois jours au Québec, Stephen Harper en a également profité pour rendre visite à son candidat dans Lac-Saint-Louis.

De passage dans les bureaux du Huffington Post Québec, Éric Girard a soutenu que son entrée en politique n’était en aucun cas un « pari risqué ». Il dit avoir toujours voulu faire de la politique, mais qu’il était « important d’avoir du bagage, de l’expérience, de l’éducation » avant de se lancer dans la mêlée. Après avoir consulté le programme de tous les partis, son choix s’est arrêté sur le Parti conservateur du Canada.

Déjà quand il étudiait en économie à l’Université McGill, à l’ère Mulroney, il faisait partie du clan de ceux qui étaient pour l’accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis. L’ancien premier ministre a d’ailleurs étudié avec son père et il connaît également son fils Mark Mulroney de par la Banque nationale. « [Brian Mulroney] m’a certainement inspiré », reconnait Éric Girard.

Doser la récession

Les conservateurs étaient la cible de tous les autres partis cette semaine après l’annonce de la récession « technique » du Canada. Le candidat économique devient plus volubile à ce moment-ci de l’entrevue et défend le bilan du gouvernement sortant.

« Le gouvernement a fait un excellent travail et stimulant lors de la grande récession [en 2009] et en contrôlant ses dépenses pareil. On n’a pas coupé les transferts aux provinces, on a augmenté les transferts aux individus en baissant les impôts. Le bilan économique du gouvernement est excellent », répète-t-il.

L’économiste maintient que selon la Banque du Canada, il n’y a que 17% de l’économie qui connait des difficultés alors que 83% de l’économie est en croissance.

« Moi, je dirais que ce n’est pas une récession, dans le sens que 83% de l’économie est en croissance. Une récession, normalement, c’est lorsque l’emploi, la croissance, la production, la confiance – tout chute en même temps dans tous les secteurs », énumère-t-il.

Les prix du secteur pétrolier, qui fait mal à l’économie canadienne cette année, sont déterminés par les marchés mondiaux, rappelle-t-il. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut réduire la dépendance du Canada aux sables bitumineux de l’Alberta.

« Je ne suis pas d’accord que le secteur pétrolier ait été favorisé par le gouvernement, dit-il. La demande mondiale étant ce qu’elle était, le secteur pétrolier a bien fait. »

Pas de si petits déficits

Éric Girard a pris soin de déconstruire les plans économiques des partis d’opposition, sans les nommer. Il déplore que l’un d’eux [le NPD] veuille « augmenter les dépenses dans plusieurs secteurs dont certains sont de juridiction provinciale » et payer cela en augmentant les impôts des entreprises, qui constitueraient une « petite part des revenus du gouvernement ».

« L’autre parti [le Parti libéral du Canada] prône les déficits. Je dirais que l’équilibre budgétaire, c’est un bien très précieux qu’on a acquis pour tous les Canadiens. À la suite de la grande récession, ça a pris six ans de rigueur budgétaire pour viser l’équilibre cette année. Et ça a pris énormément d’efforts », estime-t-il.

L’ancien haut dirigeant de la Banque nationale pense qu’il est « irresponsable » de choisir de creuser des déficits de plusieurs milliards de dollars, quand il regarde tous les efforts demandés à la population québécoise présentement.

« Nous, on est le parti des impôts faibles pour les individus et les corporations », compare le candidat conservateur. Il vante la Prestation universelle pour la garde d’enfants, qui a été un stimulus économique pour les familles qui sont arrivées au « bon moment ».

Même si la PUGE est imposable? « Les revenus, c’est imposable, alors c’est définitivement un positif. Maintenant, s’il y a une partie qui est épargnée, ça réduit l’impact », répond-il.

Le trésorier a pris un congé sans solde, le temps de se plonger en politique. Questionné à savoir s’il reprendra son rôle s’il n’est pas élu, il préfère tourner le négatif en positif.

« J’aimerais mieux regarder de l’autre côté de votre question. Oui, je vais démissionner de la Banque nationale quand j’aurai gagné. »

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