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03/09/2015 14:33 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Un film sur les crimes sexuels commis par le clergé présenté à Venise

VENISE, Italie — Le réalisateur Thomas McCarthy présente au festival international du film de Venise, la Mostra, un film inspiré de faits réels sur les agressions sexuelles commises par les prêtres et cachées par la hiérarchie catholique à Boston, et il voudrait bien que le pape François le visionne.

Michael Keaton, Mark Ruffalo et Rachel McAdams incarnent dans «Spotlight» des journalistes du «Boston Globe», alors que Stanley Tucci joue un avocat. Le film était présenté en première jeudi à la Mostra.

M. McCarthy était à la fois excité et rempli d'appréhensions à l'idée de présenter son film au public en Italie, pays catholique s'il en est. Mais bien qu'il adorerait recevoir une réaction du Vatican, il ne l'attend pas.

Le film recrée l'histoire de l'équipe d'enquête Spotlight du «Boston Globe», qui a gagné un prix Pullitzer pour avoir révélé ce qu'a fait l'archidiocèse de Boston pour camoufler les crimes sexuels commis par de nombreux prêtres durant des décennies.

Inspirée d'entrevues avec des journalistes et des victimes, la production offre un regard puissant et subtil sur la perversion qui peut naître dans les communautés les plus décentes et les mieux intentionnées. À Boston, une ville très catholique, les familles des victimes, les policiers, les avocats et les journalistes connaissaient tous le drame, mais peu en parlaient.

«Ce n'est pas que l'Église, a signalé Mark Ruffalo. C'est la police et le corps législatif, ce sont les politiciens, c'est la structure de pouvoir de Boston. Ça va très loin dans la communauté, et c'est nous. C'est nous tous.»

Depuis la publication de ces histoires dans le «Globe» en 2002, les scandales d'abus sexuels par des membres du clergé ont fait surface partout, de l'Iowa à l'Irlande. Ces reportages ont mis fin à des décennies de silence pour beaucoup de gens.

Le réalisateur Thomas McCarthy, qui a tenu le rôle d'un journaliste dans la série «The Wire», a affirmé que ce rôle l'avait conscientisé «à la situation catastrophique du journalisme en Amérique» et au déclin des grands journaux, comme le «Boston Globe». Certaines scènes de son film ont d'ailleurs été tournées dans les vastes bureaux du journal, en partie vides.

«Le journalisme professionnel, sérieux — cette industrie a été décimée dans notre pays», a-t-il déclaré.

«Les journalistes-citoyens ne peuvent résoudre ces problèmes. Ils peuvent en parler sur Twitter, sur leur page Facebook. Mais est-ce qu'ils ont des semaines et des mois à passer dans les palais de justice, à suivre des policiers, à interviewer des gens? Non.»

Jill Lawless, The Associated Press