NOUVELLES
03/09/2015 11:38 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Soudan: des rebelles du Darfour relâchent 18 prisonniers

Un groupe de rebelles du Darfour, région soudanaise déchirée par un conflit depuis 2003, a relâché 18 prisonniers dont 16 soldats et policiers, a annoncé jeudi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le CICR a "aidé au transfert de 13 soldats des forces armées soudanaises, trois policiers et deux civils libérés par l'Armée de libération du Soudan-Abdul Wahid (SLA-AW)", un groupe armé rebelle du Darfour opposé au pouvoir central de Khartoum, a précisé l'organisation humanitaire dans un communiqué.

Le CICR avait initialement déclaré que les 18 personnes libérées étaient toutes membres des forces armées soudanaises.

Les prisonniers ont été remis aux autorités soudanaises à Nyala, capitale du Darfour-Sud mercredi et jeudi, a ajouté le CICR.

Depuis 2003, des insurgés dont une faction de l'Armée de libération du Soudan (SLA) dirigée par Abdelwahid Nour, accusent Khartoum de les marginaliser et s'opposent aux forces armées soudanaises dans la région du Darfour (ouest). Ce conflit a fait plus de 300.000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes, selon l'ONU.

Les groupes armés du Darfour n'élargissent que très rarement des soldats gouvernementaux mais le CICR avait déjà supervisé ce type de libération auparavant.

"Après leur transfert, l'équipe du CICR a aidé les personnes libérées à contacter leurs familles qui étaient très soulagées d'avoir de leurs nouvelles", a précisé le chef du CICR au Soudan Eloi Fillion.

L'armée soudanaise n'a pas pu être jointe pour commenter cette libération.

La situation au Darfour s'est aggravée ces dernières années en raison de la persistance des conflits tribaux, notamment sur la question des terres et des ressources.

Le président soudanais Omar el-Bechir fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2009 pour sa responsabilité présumée dans le conflit au Darfour. Le procureur de la CPI, premier tribunal permanent chargé de juger les plus graves violations du droit humanitaire, l'accuse de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Il a toutefois continué de voyager y compris dans des Etats parties à la CPI et qui avaient théoriquement l'obligation d'exécuter le mandat d'arrêt.

bur-tl/iw/feb