DIVERTISSEMENT
03/09/2015 10:05 EDT | Actualisé 03/09/2015 10:08 EDT

«Plamondon» au Théâtre Le Qube: simplement réconfortant

FRED DUFOUR via Getty Images
Cannes, FRANCE: Canadian composer Luc Plamondon poses 27 May 2007 upon arriving at the Festival Palace in Cannes, southern France, for the Closing ceremony of the 60th edition of the Cannes Film Festival. 22 films are in competition for the Palme d'Or top prize. AFP PHOTO / FRED DUFOUR (Photo credit should read FRED DUFOUR/AFP/Getty Images)

45 ans de métier, ça se souligne et se célèbre. C’est toute sa carrière de parolier que Luc Plamondon voit défiler, ces jours-ci, avec le spectacle Plamondon, que Johanne Blouin, Jean-François Breau, Marie-Ève Janvier, Brigitte Boisjoli et Martin Giroux font vivre au Théâtre Le Qube, et qui n’est fondé que sur son vaste répertoire, de plus d’une centaine de chansons.

Gregory Charles, directeur artistique, ne jouait pas nécessairement d’audace en produisant et programmant Plamondon à son Qube mobile, stationné aux abords du Casino de Montréal. Aligner ainsi autant de succès radiophoniques, qu’à peu près tout le monde peut fredonner, dans la bouche de personnalités déjà adorées du grand public, garantissait presque un tabac d’emblée.

On a d’ailleurs pu constater à quel point l’idée était rassembleuse mercredi, soir de première médiatique, alors que tout le jet set montréalais, vedettes d’hier et d’aujourd’hui, s’était donné rendez-vous. De Diane Juster à Geneviève Borne, d’Yvon Deschamps à Jean Airoldi, rarement a-t-on pu admirer tapis rouge aussi pailleté et scintillant, et amusant, aussi; on avait même dépêché des clowns sur place pour dérider la galerie!

Mais Plamondon a néanmoins sa raison d’être, même si la proposition semble à prime abord convenue. Parce que, comme on le disait plus haut, l’œuvre de l’homme est plus grande que nature et a marqué le Québec à maintes époques. Parce que la prestation change à tous les soirs, le canevas de Plamondon étant basé sur le principe de demandes spéciales popularisé par Gregory Charles dans sa production Vintage; en commandant votre billet, vous recevez un bulletin à remplir en indiquant vos pièces préférées de Plamondon, et vous pouvez interagir en direct avec votre téléphone intelligent.

Parce que les voix qui ont été choisies pour ce coup de chapeau à l’auteur de Starmania et Notre-Dame de Paris sont franchement toutes envoûtantes. Et parce qu’autant de textes et de mélodies archiconnus, les uns après les autres (et non Les uns contre les autres, comme scandaient ces mots de Plamondon sous le timbre de Fabienne Thibault), qui se faufilent à nos oreilles et nous rappellent instantanément mille souvenirs et émotions, c’est doux, c’est réconfortant, et ça fait rêver, danser et pleurer.

Que des classiques

Qui peut résister à une version toute féminine et en grande beauté, en trio, d’Incognito? Comment ne pas esquisser un sourire d’étonnement et d’émerveillement devant une relecture gospel de L’amour existe encore, par une Johanne Blouin en très, très grande forme, dont on a aussi adoré les interprétations du Parc Belmont, du Monde est stone (dans l’obscurité) et de J’ai besoin de parler? Comment ne pas craquer pour l’énergie de Brigitte Boisjoli, qui rappelle en tous points celle de Diane Dufresne, lorsque la jeune femme incarne J’ai rencontré l’homme de ma vie et Oxygène? Boisjoli se défend également très bien avec Un gars comme toi, Ziggy et La légende de Jimmy.

On salue l’initiative de Jean-François Breau d’avoir lui-même proposé de reprendre Je t’oublierai, je t’oublierai, tube d’Isabelle Boulay, et la fête qu’il a créée dans la salle avec son J’t’aime comme un fou était endiablée. Charmant moment lorsque Breau s’est époumoné avec son amoureuse, Marie-Ève Janvier, sur Question de feeling. Martin Giroux a épaté, en finale, avec ses envolées sur Le temps des cathédrales, mais ses Cœur de rocker, Rock pour un gars d’bicyc et SOS d’un terrien en détresse avaient aussi cartonné. Enfin, Marie-Ève Janvier a été très touchante sur J’ai douze ans et Hymne à la beauté du monde, cette dernière accompagnée de quatre fillettes. On a aussi droit à de belles surprises déterrées loin des boules à mites, comme Les romantiques (Catherine Lara) et Que passent les saisons (Wilfred LeBouthilier). Et, bien sûr, à l’incontournable Blues du businessman

Au total, c’est une trentaine de classiques de Luc Plamondon que les spectateurs applaudissent pendant une représentation de Plamondon. Chaque soir, des invités-surprises viennent se greffer au groupe de chanteurs permanents, le temps d’une chanson. Mercredi, Marie-Denise Pelletier est venue renverser le parterre avec le toujours puissant refrain de Pour une histoire d’un soir, et Marc Hervieux s’est joint à Jean-François Breau et Martin Giroux pour Belle, et a offert, seul, Danse mon Esméralda, deux extraits de Notre-Dame de Paris.

À la fin de cet impressionnant et très apprécié tour de chant, Luc Plamondon est monté sur scène pour livrer un petit message de gratitude. «Je remercie Gregory Charles de ce beau cadeau qu’il m’a fait», a lancé le jeune septuagénaire, avant d’énumérer les gens importants dans son parcours professionnel, dont François Cousineau, avec lequel il a collaboré sur plus d’une cinquantaine de titres.

«Merci à vous, le public, d’être là pour moi depuis 45 ans», a-t-il ensuite conclu.

À son tour, l’assistance a remercié le grand créateur en entonnant en chœur un morceau qu’il venait de choisir, Ma mère chantait toujours.

C’était bien mérité. Après tout, on ne fraternise pas souvent avec une icône qui a signé 91 airs s’étant taillé une place aux palmarès…

Plamondon tient l’affiche du Théâtre Le Qube jusqu’au samedi 3 octobre. Consultez le site officiel pour plus d’informations.

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