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03/09/2015 11:31 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Mulcair et Trudeau secoués par la tragédie de l'enfant syrien noyé

OTTAWA — On essuyait ou on retenait ses larmes, jeudi matin, sur la campagne électorale.

L'image du petit Syrien noyé et le lien de sa famille avec le Canada a rattrapé les chefs de parti qui ont dû s'écarter des scénarios prévus pour la 33e journée sur la route et commenter la tragédie.

La famille d'Aylan Kurdi avait cherché, en vain, à se réfugier au Canada, selon la tante de l'enfant, une femme qui vit en Colombie-Britannique. Le petit garçon, son grand frère et sa mère sont morts noyés en tentant de rejoindre les côtes européennes.

Alors qu'une de ses candidates de la région de Montréal essuyait ses larmes, le chef libéral Justin Trudeau a blâmé, sans détour, le gouvernement conservateur pour le sort de la famille.

Manifestement ému lui aussi, M. Trudeau a renouvelé son appel pour l'accueil immédiat de 25 000 réfugiés syriens, dans un premier temps. Il a reproché à Stephen Harper et à son ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, de s'être traîné les pieds dans ce dossier.

Son rival néo-démocrate qui, la veille, avait dit que le Canada n'en faisait pas assez pour les réfugiés et que c'était à cause du gouvernement conservateur, ne voulait plus blâmer personne, jeudi matin.

Thomas Mulcair, de passage à Toronto, retenait manifestement ses larmes en parlant de l'enfant et du désespoir de parents qui risquent la noyade pour fuir vers l'Europe. Il a réclamé que le Canada accepte tout de suite 10 000 réfugiés, comme le lui ont demandé les Nations unies.

Il a répété à quelques reprises qu'il était maintenant le temps d'agir plutôt que de blâmer quiconque.

M. Mulcair a fait ces commentaires à Toronto où il s'arrêtait jeudi pour promettre, s'il est élu premier ministre, de bonifier le Régime de pensions du Canada ainsi que le Régime des rentes du Québec, à condition de s'entendre avec les premiers ministres des provinces.

M. Trudeau, lui, était de passage à Brossard pour s'engager à ne pas imposer un péage sur le nouveau pont Champlain s'il est élu premier ministre.

Le chef conservateur, Stephen Harper, était attendu à Surrey, en Colombie-Britannique, en début d'après-midi. Au sujet de la crise des réfugiés, il a dit, mercredi, que ce n'est pas une politique canadienne sur les réfugiés qui règlerait le problème, qu'il fallait plutôt agir militairement contre le groupe État islamique.

C'était avant qu'on apprenne qu'il y avait un lien entre le Canada et l'enfant dont la photo du cadavre a fait le tour de la planète.

La Presse Canadienne