BIEN-ÊTRE
03/09/2015 09:36 EDT | Actualisé 03/09/2015 09:38 EDT

Et si nos enfants gagnaient à méditer? Une fillette de 9 ans expérimente le Festival Wanderlust (PHOTOS)

Sandra Bellefoy

La méditation est de plus en plus tendance. Méditer régulièrement non seulement réduit le stress mais entraine différents changements biochimiques et physiques qui améliorent la santé générale.

Plusieurs de ses bienfaits sur le système nerveux sont aujourd’hui scientifiquement prouvés. Elle est d’ailleurs de plus en plus utilisée dans les hôpitaux pour soigner la dépression, les douleurs chroniques et pour stimuler le système immunitaire, notamment chez les patients atteints de cancer.

Méditer dès l’enfance

De plus en plus d’études tendent à affirmer que la méditation est bénéfique pour les enfants. Selon la docteure Anne-Marie Bureau, les bienfaits de la méditation chez les enfants sont multiples.

Ils comprennent une diminution des comportements indésirables, une amélioration de leurs fonctions exécutives, une amélioration des performances scolaires ainsi qu’une sensation de bien-être physique, émotif et social.

Alors pourquoi ne pas conscientiser les enfants à cette pratique de bien-être enseignées aux adultes? Est-ce que les enfants ne vivent pas aussi du stress quotidien, de la colère et de l’insatisfaction?

En tant que parent méditant, j’enseigne les bases de la méditation à ma fille depuis qu’elle a 7 ans. Je ne la force pas mais je lui explique les concepts de base et je l’encourage à les pratiquer lorsqu’elle se sent fâchée ou angoissée.

Elle a d’ailleurs vite compris comment cela pouvait se révéler utile pour gérer ses émotions. Et elle était très contente d’apprendre, en lisant son nouvel agenda à la rentrée, que son école développe maintenant la méditation pour régler les conflits en classe!

Le texte se poursuit sous la galerie

Galerie photo Le festival Wanderlust à Tremblant Voyez les images

Méditer au Wanderlust

Aussi, j’ai eu l’idée de tester ses connaissances enfantines en l’emmenant au Festival Wanderlust qui se déroulait dernièrement au Mont Tremblant.

Le Festival Wanderlust est unique en son genre. Il regroupe des experts en yoga et bien-être. Il se balade en Amérique du Chili à la Californie en passant par le Québec. Plus précisément, il passe depuis trois ans par le village de Tremblant qu’il imprègne de zénitude.

Durant cette fin de semaine pas comme les autres, non seulement ma fille de neuf ans a découvert l’acroyoga (une nouvelle forme de yoga avec des poses acrobatiques qui se pratiquent à plusieurs), mais elle a définitivement approfondi sa pratique de méditation. De telle façon que j’en ai été impressionnée.

Côté francophone, le festival Wanderlust accueillait cette année deux grandes dames québécoises du bien-être : Nicole Bordeau et Lyne St-Roch ont toutes deux guidées des ateliers de méditation durant cette fin de semaine dédié au mieux-vivre.

Ma fille a adoré méditer avec Nicole Bordeleau qui lui a ensuite expliqué qu’elle s’inspirait de son chat pour trouver l’envie de méditer. Une image qui a beaucoup plu à ma fille!

Lyne St-Roch a tant aimé l’idée d’avoir un enfant dans sa séance de méditation qu’elle l’a invitée à s’assoir à ses côtés. Et c’est tout naturellement que ma puce a secondé Lyne St-Roch en cet atelier de méditation autour de la bienveillance. Ceci a subjugué plusieurs personnes dans l’audience et m’a particulièrement émue.

J’ai alors réalisé combien la sagesse enfantine était précieuse. Si les enfants peuvent si bien apprivoiser les techniques de méditation, c’est peut-être parce-qu’ils vivent, instinctivement, dans l’instant présent. Et, lorsqu’on leur donne la chance de s’exprimer, ils savent nous enrichir l’esprit. Comme l’a fait remarquer Lyne à l’audience présente.

De plus, le village de Tremblant s’est révélé une excellente destination familiale! J’ai été étonnée d’y trouver autant d’activités conçues pour amuser les enfants. Wanderlust ou pas, c’est certainement un endroit idéal où se reconnecter en famille! (voir galerie photos)

Méditer pour grandir selon Nicole Bordeleau

Nicole Bordeleau sort un nouveau livre la semaine prochaine intitulé « l’Art de se réinventer ».

J’ai pu discuter méditation avec elle durant le Wanderlust. Elle m’explique d’abord que la méditation est progressive. On peut commencer quelques minutes à la fois et étirer sa pratique petit à petit. C’est comme faire du sport, on commence doucement et puis on augmente l’intensité avec la pratique…

Nicole Bordeleau ne se considère pas comme une guru mais comme quelqu’un qui chemine. Affligée d’une maladie chronique depuis plus de 30 ans, elle croit que la douleur est souvent une invitation dissimulée pour se réinventer. Elle me dit que lorsqu’elle a appris l’existence de sa maladie, elle était dans une vie qui ne lui ressemblait pas. L’épreuve de cette maladie lui a permis de chercher une porte de sortie.

Elle me partage les étapes qui lui ont permis de grandir avec sa maladie chronique. Tout d’abord, il y a la reconnaissance intérieure de son cas médical. Puis vient l’acceptation qui provoque l’ouverture de soi, suivi de l’investigation qui permet d’agir en connaissance de cause. Et ensuite arrive la non-identification, cette dernière étape permet de comprendre qu’il ne faut pas s’identifier à la maladie. Celle-ci ne composant qu’une partie de soi.

Elle me dit : « Pour moi, cette dernière étape permet de se libérer du carcan de la maladie et de cesser de nous replier sur nous-même. »

Par son expérience, Nicole Bordeleau pense que la méditation est une façon de se redéfinir, de se réinventer, de s’ouvrir l’esprit à un monde possibilité où l’on peut vivre en paix avec soi-même.

Elle ajoute cependant qu’on ne médite pas sans effort ni discipline. Car la méditation est une expérience qui peut se révéler aussi déstabilisante qu’enrichissante. Une expérience que l’on ne peut prendre à la légère!

Selon elle, il ne faut pas moduler l’expérience de méditation, il n’y a pas de recette précise juste des directions et des guides. Lorsque l’on médite, il faut faire l’expérience des sens sans chercher à l’étiqueter. Et c’est d’ailleurs ce que font les enfants qui méditent. Il en faut l’expérience. Tout simplement…

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