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03/09/2015 15:06 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Le premier EPR verra probablement le jour en Chine, suite à un retard du chantier français

Le premier EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, opérationnel devrait voir le jour en Chine et non en France, pourtant berceau de cette technologie, en raison d'un nouveau retard sur le chantier de Flamanville (ouest).

Le démarrage de l'EPR de Flamanville n'aura finalement lieu qu'"au 4e trimestre 2018", et il faudra encore "quelques semaines à quelques mois" pour le raccorder au réseau électrique, a déclaré jeudi Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe public Electricité de France (EDF).

C'est la quatrième fois qu'EDF repousse la mise en service de ce réacteur parmi les plus puissants du monde (1.650 mégawatts) et réévalue son coût, désormais estimé à 10,5 milliards d'euros. Il devait initialement être livré en 2012 pour un budget de 3,3 milliards d'euros.

La France, qui compte le deuxième parc nucléaire au monde, a beaucoup misé sur l'exportation de cette technologie, présentée comme la plus performante et la plus sûre au monde.

Conséquence de ce retard, le premier EPR mis en service ne sera pas celui de Flamanville, où la construction a débuté en 2007, ni celui d'Olkiluoto (Finlande), demarré en 2005 et qui connaît aussi de nombreux déboires, mais l'un des deux érigés à Taishan, dans le sud-est de la Chine, où la première coulée de béton date de 2009.

"Il n'y a pas de vérité à dire qu'il y aurait des exigences de sûreté nucléaire différentes en Chine et en France", a toutefois estimé M. Lévy, attribuant l'avancée plus rapide de Taishan aux différences en matière de "règles de fonctionnement des chantiers", de "régime de travail" et d'"organisation industrielle".

La Chine a aussi "beaucoup bénéficié du retour d'expérience de Flamanville", qui lui a permis "d'éviter un certain nombre d'écueils", a ajouté Xavier Ursat, directeur exécutif ingénierie et projets nouveau nucléaire d'EDF.

Le nouveau retard de Flamanville est imputable à trois anomalies techniques révélées ces derniers mois, dans la composition de l'acier du couvercle et du fond de la cuve, sur les soupapes de sûreté et sur certaines soudures.

Par ailleurs, Jean-Bernard Lévy s'est dit confiant sur la concrétisation du projet d'EPR en Angleterre.

Le gouvernement britannique a donné son feu vert en octobre 2013 au projet de construction de deux réacteurs à Hinkley Point, dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. Leur mise en service est prévue en 2023, mais la décision finale d'investissement se fait toujours attendre.

"J'ai toute confiance dans la réussite de ce projet, qui fait l'objet d'une estimation réaliste des coûts et des délais", a déclaré le PDG d'EDF.

bur-chp/gg