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03/09/2015 15:35 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

La patte de l'Europe derrière la victoire d'Obama sur l'Iran au Congrès

La Maison Blanche est certes intervenue assidument auprès du Congrès américain pour s'assurer qu'il ne bloque pas l'accord scellé avec l'Iran sur son programme nucléaire, mais non sans une importante contribution des pays européens, selon leurs représentants.

Ne tuez pas l'accord, tel était le motto des ambassadeurs du Royaume-uni, de France, d'Allemagne, de Russie et de Chine quand ils ont rencontré une trentaine de sénateurs démocrates dont le vote était crucial pour le président américain.

Le président Barack Obama a en effet rallié suffisamment de sénateurs mercredi pour opposer son veto au vote prévu de désapprobation des deux chambres, à majorités républicaines, au Congrès.

"Ce n'est pas souvent qu'on peut entendre cinq ambassadeurs dire qu'ils sont d'accord entre eux" sur l'accord historique conclu le 14 juillet entre l'Iran et les principales grandes puissances, a fait valoir un diplomate britannique qui a participé à la réunion.

Etaient présents les ambassadeurs Peter Westmacott (Royaume-Uni), Peter Wittig (Allemagne), Gérard Araud (France), et David O'Sullivan (Union européenne).

Les dirigeants européens craignaient que l'occasion d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, en échange d'une levée des sanctions, soit victime d'enjeux politiques intérieurs américains.

"Ca nous inquiétait que l'accord ne puisse pas être mis en oeuvre à cause d'un vote au Congrès", explique un diplomate britannique. Donc "nous avons voulu être là assez rapidement pour expliquer pourquoi il était important à nos yeux".

Chaque ambassade a d'abord fait pression sur un groupe d'élus particulier, mais elles ont ensuite jugé plus efficace de constituer un front commun.

"Une fois que vous réalisez que la formule marche, que quatre ambassadeurs qui s'assoient avec le même sénateur ou un groupe de sénateurs est une formule puissante, vous l'utilisez autant que vous pouvez", a expliqué un diplomate européen.

Les ambassadeurs à Washington "se sont avérés très complémentaires", ajoute un autre diplomate européen. M. Westmacott et son adjoint étaient avant à Téhéran, MM. Wittig et Araud ont été ambassadeurs aux Nations unies, et M. O'Sullivan a été pendant trente ans un acteur de premier plan à Bruxelles.

L'argument qui a eu le plus de poids a été l'absence d'alternatives. Il s'agissait de "dissiper l'idée que si le Congrès disait +non+, nous n'aurions qu'à hausser les épaules et dire +retournons à Vienne+", a expliqué le diplomate britannique.

Il est difficile de mesurer l'impact de l'effort des Européens. Mais un responsable de l'administration Obama a loué leurs initiatives qui, selon lui, "ont montré que le monde était uni derrière l'accord". "Et que toute tentative de le saborder aurait des conséquences énormes sur notre position dans le monde".

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