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03/09/2015 06:17 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

La famille du petit naufragé syrien tentait de gagner le Canada

Le voyage du petit naufragé syrien échoué sur une plage de Turquie, dont la photo a fait le tour du monde mercredi, aurait pu le mener au Canada. La famille de l'enfant a effectivement tenté d'obtenir le statut de réfugié au Canada, selon sa tante, qui habite au pays, et un député canadien.

Vêtu d'un t-shirt rouge et d'un short bleu, le petit garçon gît face contre terre, inerte sur le sable d'une plage, victime d'un double naufrage qui a coûté la vie à 12 réfugiés syriens. Le petit garçon de trois ans s'appelait Aylan Kurdi et il venait de Kobani, une ville de Syrie adossée à la frontière turque. Aylan Kurdi n'est pas mort seul. Il s'est noyé en compagnie de son frère de cinq ans, Gulip, et de sa mère, Reham. Seul son père, Abdullah, a réussi à gagner la rive vivant.

La sœur du père de la famille décimée, Fatima, habite Coquitlam, en Colombie-Britannique, depuis plusieurs années. Elle tentait de parrainer la famille de son frère afin que celle-ci puisse la rejoindre en sol canadien.

La femme a approché le député de la circonscription New Westminster-Coquitlam, Fin Donnelly, en mars dernier pour qu'il l'aide dans ses démarches. « Elle s'inquiétait de la situation en Syrie et elle souhaitait aider sa famille à quitter le pays », a déclaré le député du NPD au réseau CBC, mercredi.

Leur demande a toutefois été refusée en juin dernier.

Rejeté par le Canada, la famille a ainsi décidé de se tourner vers la Grèce. La famille Kurdi faisait parti d'un groupe de 23 réfugiés qui se sont embarqués, à bord deux embarcations, à Bodrum, en Turquie, dans l'espoir de gagner l'île de Kos, en Grèce. La traversée la mer Méditerranée - longue de seulement quelques kilomètres à cet endroit - est réputée très dangereuse.

Les efforts de Fatima

Le député Donnelly a traversé la chambre des communes, en mars dernier, pour remettre la lettre de demande de parrainage en main propre au ministre Alexander. « Il a dit qu'il l'examinerait, il m'a promis de l'étudier », a confié M. Donnelly, en entrevue au réseau CBC, mercredi. « Je croyais qu'il le ferait, mais nous avons reçu des requêtes - de son personnel au mien - pour obtenir de plus amples informations sur la famille. Nous avons transmis l'information et après plus rien. »

« Malheureusement, à partir de ce moment, nous avons attendu, attendu et attendu pendant des semaines qui se sont transformées en mois, et puis rien », a-t-il poursuivi.

« Je sais que Fatima a fait tout ce qui était en son pouvoir - et nous l'avons assisté au meilleur de nos compétences pour transmettre l'information au ministre et pour obtenir l'assentiment du gouvernement canadien - pour rapatrier sa famille », ajoute le député néodémocrate.

Les demandes privées, effectuées par des familles comme celle de Fatima, devraient être traitées en priorité, selon M. Donnelly. Mme Kurdi avait fourni des garanties bancaires et dit qu'elle avait même payé le loyer de la famille en Turquie.

« Notre bureau a poussé aussi fort qu'il a pu pour obtenir une réponse [du ministère] [...] et pour les convaincre de l'importance de réunir cette famille, poursuit M. Donnelly. Mais nous n'avons jamais obtenu de réponse, c'est la plus grande frustration avec laquelle doit maintenant vivre Fatima. »