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02/09/2015 20:53 EDT | Actualisé 02/09/2016 01:12 EDT

La Colombie en quête de soutien international dans la crise avec le Venezuela

Le président colombien Juan Manuel Santos a réuni mercredi les diplomates d'une vingtaine de pays à la frontière avec le Venezuela, afin d'attirer l'attention de la communauté internationale sur "la tragédie humanitaire" générée par la crise avec le pays voisin.

"Messieurs les ambassadeurs, nous demandons que les droits de l'Homme soient respectés", a souligné M. Santos, en rappelant qu'en deux semaines plus de 11.000 Colombiens ont fui le Venezuela ou en ont été expulsés.

"C'est une réalité que le monde doit connaître", a-t-il ajouté lors d'une intervention télévisée depuis Cucuta, localité frontalière située à environ 600 km au nord-est de Bogota et où se sont réfugiés la majorité des déplacés.

"Ce n'est pas un problème politique, c'est un drame humain", a estimé l'ambassadeur de Turquie, Engin Yürür, selon un communiqué de la présidence.

M. Santos avait invité diplomates et représentants d'organisations internationales à venir d'eux-mêmes "constater la tragédie humanitaire à laquelle nous sommes confrontés". Sur place, il a aussi tenu un conseil des ministres.

La Colombie a subi un "revers", selon les propres mots de son président, avec les refus de l'Organisation des Etats Américains (OEA) et de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) de se réunir en urgence sur le thème. Le secrétaire général de l'OEA, l'Uruguayen Luis Almagro, a annoncé depuis qu'il se rendrait à Cucuta samedi.

Par ailleurs, le président de l'organisme colombien de défense des droits de l'Homme, Jorge Otalora, était mercredi à Washington pour exposer le problème devant la Commission inter-américaine des droits de l'Homme (CIDH).

"Nous allons utiliser tous les canaux possibles pour dénoncer cette situation dramatique", a lancé M. Santos, précisant que la Colombie en réfèrerait aussi à l'ONU, du secrétaire général Ban Ki-moon que la ministre des Affaires étrangères Maria Angela Holguin rencontrera la semaine prochaine, à l'Organisation international des migrations (OIM).

La crise a débuté le 19 août après une attaque contre des militaires vénézuéliens attribuée par le président Nicolas Maduro à des "paramilitaires colombiens". Caracas a alors fermé des postes-frontière, puis décrété l'état d'exception dans dix municipalités limitrophes, les deux pays rappelant leurs ambassadeurs pour consultations.

Quelque 1.300 Colombiens ont été expulsés par le Venezuela et environ 10.000 autres ont fui de crainte d'être déportés et de perdre leurs biens, selon les derniers chiffres officiels.

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