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03/09/2015 03:04 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

L'inflation à nouveau au centre des préoccupations de la BCE

La BCE devrait ouvrir la porte jeudi à un soutien encore plus vigoureux à l'économie européenne, alors que l'inflation obstinément faible dans la région ravive les doutes quant à l'efficacité de son action et que la Chine inquiète.

Son président, l'Italien Mario Draghi, va s'exprimer en conférence de presse régulière à partir de 12H30 GMT, à l'issue d'une réunion de deux jours de son conseil des gouverneurs.

En parallèle, le Fonds monétaire international (FMI), inquiet pour une économie mondiale fragilisée par le ralentissement chinois, a adressé mercredi d'insistants appels du pied à toutes les banques centrales pour maintenir le cap de leurs politiques généreuses ("accomodantes" en jargon des banques centrales).

Celles-ci sont "essentielles", a souligné l'institution, et la BCE tout particulièrement ne devrait pas hésiter à en faire plus.

Son programme de rachats massifs de dette, le "QE" en vigueur depuis mars, "devrait être étendu" si l'inflation ne revient pas au niveau souhaité, précise le FMI, dont les conseils ont par le passé parfois irrité M. Draghi.

La BCE ne devrait rien annoncer de nouveau ce jeudi, mais l'inflation et ses perspectives seront au centre des préoccupations. "Après toute l'excitation autour de la Grèce cet été, la BCE avait probablement espéré une réunion très ordinaire et calme cette semaine", souligne Carsten Brzeski, chef économiste chez ING.

"Malheureusement, (...) les récentes turbulences sur les marchés et avant tout le plongeon des prix des matières premières risquent de relancer le débat sur les risques de déflation".

- Inflation atone -

La menace de déflation, spirale négative de baisse des prix et des salaires, avait déjà contraint la BCE à lancer début mars son vaste programme de rachats de dettes - principalement publique - de 60 milliards d'euros par mois. Le QE prévoit le rachat de 1.140 milliards d'euros de titres d'ici septembre 2016.

Malgré des début jugés encourageants, ce programme peine à relancer l'inflation. En août, les prix en zone euro ont enregistré une maigre progression de 0,2%, très loin de l'objectif des banquiers centraux d'un peu moins de 2%.

Celui-ci pourrait ne pas être atteint avant 2018, préviennent certains observateurs, alors que plusieurs facteurs se conjuguent pour freiner le redémarrage de l'inflation.

La baisse du prix du pétrole se poursuit, et les signes qui abondent d'un ralentissement économique en Chine chahutent les bourses asiatiques et mondiales et pèsent sur les prix des matières premières.

Pour ne rien arranger, la forte appréciation ces derniers mois du cours de l'euro, valeur refuge dans un contexte de turbulences boursières, menace d'affaiblir la compétitivité des exportateurs européens et d'entraver le redémarrage de l'inflation en zone euro.

- QE élargi? -

Ces inquiétudes devraient se refléter dans les prévisions actualisées d'inflation et de croissance jusqu'à 2017 que doit dévoiler jeudi la banque centrale. Les derniers pronostics publiés en juin, qui tablent sur une croissance du PIB à 1,9% et une inflation à 1,5% l'an prochain, "semblent désormais trop optimistes", précise Johannes Gareis, de Natixis.

Plusieurs banquiers centraux européens ont déjà signalé que l'institution se tenait prête à utiliser tous les moyens à sa disposition pour faire repartir les prix.

Pas question donc de réduire la voilure du QE. En cas de coup dur, la BCE pourrait même annoncer ces prochains mois un prolongement de ses rachats au-delà de 2016 ou encore en élargir le spectre et le montant mensuel, comme semble le lui suggérer le FMI.

"Nous ne nous réveillons pas chaque matin en regardant les indicateurs économiques pour décider d'arrêter ou d'étendre le QE. Nous avons une perspective de long terme", a toutefois déclaré récemment Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE.

Et d'ajouter: "Nous ne nous sentirions obligés d'agir que s'il y avait un changement fondamental dans la situation économique ou si la politique monétaire était fortement altérée par les développements sur les marchés".

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