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03/09/2015 07:18 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Espagne: réforme judiciaire pour contrer l'indépendantisme catalan

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a défendu jeudi une réforme judiciaire controversée qui permettrait une suspension rapide du dirigeant catalan Artur Mas s'il lançait un plan de sécession de sa région.

La réforme suscite un vent de critiques, y compris du Parti socialiste (opposition) pourtant très opposé au dirigeant indépendantiste, depuis qu'elle a été présentée en urgence mardi par le Parti populaire (PP, droite) de M. Rajoy.

Le texte que le PP veut faire adopter au Parlement, où il dispose d'une écrasante majorité, prévoit que le Tribunal constitutionnel puisse "imposer des amendes" et décréter directement "la suspension d'autorités ou d'employés du secteur public" ayant passé outre ses décisions.

Concrètement, une telle disposition aurait permis d'écarter Artur Mas du pouvoir lorsqu'il a ignoré l'interdiction d'organiser une consultation symbolique sur l'indépendance le 9 novembre 2014 en Catalogne.

"C'est une très bonne décision", a déclaré M. Rajoy jeudi à la radio Cope. "Ce que cette proposition recherche c'est que les jugements du Tribunal constitutionnel puissent être respectés".

La majorité veut faire adopter le texte dans la semaine qui suivra les élections régionales du 27 septembre en Catalogne.

M. Mas a convoqué ce scrutin en le centrant sur la question de l'indépendance et en promettant la mise en oeuvre d'un plan pour aboutir à la sécession dans les 18 mois si sa coalition l'emporte.

"Cette réforme est ce qu'il y a de plus raisonnable dans une situation comme celle-ci, où il y a un monsieur qui annonce la création de structures d'Etat parallèles et qui, s'il gagne les élections, va déclarer l'indépendance de manière unilatérale", a encore déclaré M. Rajoy.

Cette réforme "sera fondamentale pour renforcer l'Etat de droit", a-t-il dit.

"En aucun cas il n'y aura d'indépendance de la Catalogne, c'est une folie", a encore martelé le chef du gouvernement.

Le Parti socialiste avait estimé que l'initiative parlementaire du PP, menée sans concertation avec les autres partis, était "électoraliste" et une "atteinte à la démocratie".

Le tribunal est composé de magistrats nommés par le pouvoir. Sept des onze magistrats sont de tendance conservatrice, selon El Pais.

A moins d'un mois des élections en Catalogne, l'indépendantisme dans cette puissante région du nord-est inquiète de plus en plus le gouvernement.

Mercredi Artur Mas a accusé celui-ci d'être responsable de la situation par son refus de satisfaire les demandes d'autonomie accrue de la Catalogne. "Si l'Etat avait laissé une quelconque porte ouverte (...), nous n'en serions pas là", a-t-il affirmé.

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