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03/09/2015 08:25 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Erdogan accuse les Européens d'avoir fait de la Méditerranée un "cimetière de migrants"

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi les pays européens d'avoir transformé la Méditerranée en "un cimetière de migrants", réagissant aux photos du petit réfugié syrien retrouvé mort noyé sur une plage de Turquie.

"Les pays européens qui ont transformé la Méditerranée en un cimetière de migrants partagent la responsabilité de chaque réfugié mort", a déclaré M. Erdogan à Ankara.

"Le corps d'un petit enfant de trois ans échoue sur nos plages. Est-ce que l'humanité entière ne devra pas rendre des comptes ?", a martelé l'homme fort de la Turquie devant un parterre d'hommes d'affaires à la veille d'une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G-20 dans la capitale de son pays.

"Ce ne sont pas seulement les migrants qui se noient dans la Méditerranée, mais aussi notre humanité", a insisté le chef de l'Etat turc, qui dénonce systématiquement le refus des pays européens d'accueillir plus de réfugiés syriens.

M. Erdogan a profité de l'occasion pour rappeler que la Turquie accueillait aujourd'hui près de deux millions de réfugiés syriens ayant fui la guerre civile qui ravage leur pays depuis quatre ans, en vertu d'une politique dite de "porte ouverte".

"Nous n'avons pas abandonné les gens qui fuyaient les bombes car nous sommes humains", a affirmé M. Erdogan.

D'abord diffusée sur les réseaux sociaux, la photo du cadavre du petit Aylan Kurdi, un garçon âgé de trois ans, gisant face contre terre sur une plage de Bodrum (sud-ouest de la Turquie) a été publiée jeudi à la une de très nombreux quotidiens européens et a provoqué une véritable onde de choc.

Son frère aîné de cinq ans ainsi que sa mère sont aussi morts dans le naufrage de leur petite embarcation qui tentait de rallier les côtes grecques.

BA/pa/bds