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02/09/2015 21:36 EDT | Actualisé 02/09/2016 01:12 EDT

Défilé militaire à Pékin pour la fin de la Deuxième guerre mondiale: la Chine montre ses muscles

La Chine célébrait jeudi le 70e anniversaire de la capitulation du Japon par un imposant défilé militaire au coeur de Pékin placé sous haute sécurité, une démonstration de force boudée toutefois par la plupart des dirigeants occidentaux.

Le chef de l'État, Xi Jinping, devait présider la cérémonie depuis la place Tiananmen sur laquelle quelque 12.000 soldats et 500 engins devaient parader, survolés par près de 200 avions et hélicoptères, symboles de la puissance montante de la Chine sur la scène internationale.

Les principaux dirigeants des démocraties occidentales, notamment le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel, ont décliné l'invitation, de même que le Premier ministre japonais Shinzo Abe, initiateur d'une révision de la politique pacifiste du Japon qui irrite fortement Pékin.

Le président Xi Jinping est le commandant en chef de l'armée en sa qualité de président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois (PCC), l'organe dirigeant de l'Armée populaire de libération (APL).

Sous sa direction, la Chine s'éloigne de la politique dite de "profil bas" préconisée par Deng Xiaoping, successeur de Mao Tsé-toung, et cherche à s'affirmer en renforçant et modernisant ses forces armées, au prix de frictions avec ses voisins en mer de Chine orientale et méridionale.

Expert de la Chine à l'Université sud-coréenne Yonsei de Séoul, John Delury a expliqué à l'AFP que la participation limitée de dirigeants étrangers aux célébrations chinoises était due au fait qu'elles constituaient "un événement très militariste et nationaliste".

"A travers l'Asie et certainement aux Etats-Unis, il y toutes sortes d'inquiétudes sur l'aspect +pouvoir dur+ de l'essor de la Chine", a-t-il déclaré.

- Démonstration militaire -

L'armée chinoise a assuré que 84% des équipements qui seront montrés lors du défilé feront leur apparition en public pour la première fois.

Selon la presse officielle, des appareils de l'aéronavale, des bombardiers à long rayon d'action et divers types de missiles seront présentés, dont le missile balistique DF-21D, dit "tueur de porte-avions", un engin qui suscite ces dernières années nombre de spéculations dans les milieux militaires sur ses capacités à modifier les rapports de force dans l'océan Pacifique, chasse gardée traditionnelle de la 7è flotte américaine.

Mais une porte-parole de la diplomatie chinoise, Mme Hua Chunying, a jugé que les commentaires sur la caractère agressif de ce défilé relevaient d'une "mentalité pas très brillante".

"Les troupes chinoises sont des troupes pour la paix", a-t-elle déclaré mercredi lors d'un point presse régulier, assurant que "plus elles seront fortes, plus elles seront capables de garantir la paix mondiale".

Près d'un millier de soldats étrangers, dont un détachement russe, prendront part au défilé, auquel le président Vladimir Poutine assistera, principale figure parmi les dirigeants étrangers.

Le président Xi Jinping avait assisté à Moscou en mai dernier à un défilé similaire, également boudé par les responsables occidentaux en raison de la crise ukrainienne.

La présidente sud-coréenne, Mme Park Geun-Hye, dont le pays avait été colonisé par le Japon, ainsi que le président sud-africain Jacob Zuma et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, figurent aussi parmi les invités.

Seul représentant gouvernemental des grandes diplomaties occidentales, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, assiste également à la cérémonie.

La Chine populaire organise traditionnellement un défilé militaire tous les 10 ans, mais à l'occasion de l'anniversaire de sa fondation le 1er octobre 1949.

La Japon, qui avait envahi la Chine en 1937, avait capitulé formellement il y a 70 ans par une cérémonie tenue dans la baie de Tokyo sur le cuirassé américain USS Missouri.

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