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03/09/2015 06:25 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Crise des migrants: un organe de l'ONU appelle les pays à ne pas refouler les Syriens

La commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a dénoncé jeudi l'échec de la communauté internationale à protéger les réfugiés syriens et appelé à ne pas refouler ceux d'entre eux qui affluent en Europe.

Dans son dernier rapport publié jeudi, la commission note que l'afflux de réfugiés a provoqué par le passé des tensions dans les pays voisins de la Syrie --notamment la Jordanie, le Liban et la Turquie-- mais que "l'échec à protéger les réfugiés syriens se transforme aujourd'hui en crise dans le sud de l'Europe".

Les quatre membres de la commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'Homme en Syrie, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l'Homme, n'ont jamais eu leu feu vert de Damas pour entrer en Syrie mais ils ont recueilli des milliers de témoignages de victimes, de documents et de photos satellites.

La commission demande aux pays de respecter le "principe de non-refoulement", conformément à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, dite Convention de Genève, et de ne pas expulser les Syriens puisqu'ils ont le droit d'être reconnus comme réfugiés selon l'ONU.

Le conflit en Syrie, déclenché par la répression brutale de manifestations pacifiques dégénérant en conflit armé, a fait plus 240.000 morts. Plus de 4 millions de Syriens ont fui leur pays, qui compte au moins 7,6 millions de déplacés sur son territoire.

Une grande majorité des réfugiés syriens se trouvent toujours dans les pays de la région, mais ils sont de plus en plus nombreux ces derniers mois à venir en Europe, à leurs risques et périls, grâce à des réseaux de passeurs. Quelque 90.000 syriens sont ainsi arrivés en Grèce entre janvier et juillet, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mais ce périple n'est pas sans danger. Plus de 2.000 Syriens ont péri en mer depuis le début du conflit en mars 2011, selon le rapport des enquêteurs de l'ONU.

La commission demande aux pays d'accueil de "créer davantage de moyens légaux" pour garantir une meilleure protection des réfugiés syriens, à travers notamment la pratique des réunifications familiales, une politique d'attribution des visas plus flexible et une meilleure répartition des demandeurs d'asile.

"Il est impératif d'avoir une véritable coopération internationale et un véritable partage du fardeau pour répondre à la crise humanitaire", écrivent les enquêteurs de l'ONU.

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