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03/09/2015 07:46 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Crise des migrants: Cameron sous pression politique et médiatique pour en faire plus

Le Premier ministre britannique David Cameron, perçu comme le mauvais élève dans la crise des réfugiés pour son refus d'en accueillir davantage, subissait jeudi la pression de responsables politiques européens, de l'ONU et des médias de son pays pour en faire plus.

Les journaux britanniques, bouleversés par la découverte sur une plage turque du corps sans vie d'un petit syrien de trois ans mort noyé, avaient choisi jeudi de mettre la photo de ce drame en Une, accompagnée le plus souvent de messages appelant à en faire davantage pour les Syriens.

"Monsieur Cameron, l'été est fini... maintenant gérez la plus importante crise à laquelle l'Europe doit faire face depuis la Seconde Guerre mondiale", titre ainsi en Une le tabloïd The Sun, jusque-là tenant d'une ligne dure contre les migrants.

Mercredi, David Cameron avait jugé que "le plus important était d'apporter la paix et la stabilité" dans les régions de crise, plutôt que de prendre en charge "de plus en plus de réfugiés".

Selon les chiffres officiels, seuls 216 "personnes vulnérables" ont été accueillies en tant que réfugiés au Royaume-Uni depuis mars 2014 et au total 5.000 Syriens ont obtenu l'asile au cours des quatre dernières années. Depuis le début de la guerre civile en 2011, plus de quatre millions de Syriens ont quitté leur pays.

Peter Sutherland, le représentant spécial des Nations unies pour les migrations internationales, a déclaré mercredi soir sur la BBC que le Royaume-Uni "pouvait faire davantage" pour tenter de régler la crise des migrants dont le "fardeau" est actuellement essentiellement porté par "quelques pays" dont l'Allemagne, la Suède, la France et l'Italie.

Jeudi matin, le ministre italien des Affaires européennes Sandro Gozi a jugé sur BBC Radio que "face à cette crise particulièrement sérieuse, nous aimerions que tous les pays prennent davantage de responsabilités".

Le Guardian évoquait des responsables allemands selon lesquels les demandes de réformes au sein de l'Union européenne émises par David Cameron auprès de plusieurs pays membres ne seraient pas satisfaites si le Premier ministre britannique "n'en faisait pas plus" en faveur des migrants.

Sur le plan national, les prétendants au poste de chef du parti travailliste ont tous appelé à accueillir plus de réfugiés de même que l'actrice Emma Thompson et le cardinal Vincent Nichols, à la tête de l'église catholique en Angleterre et au Pays de Galles. Une pétition sur le site du Parlement britannique, allant dans le même sens, recueillait plus de 140.000 signatures contre 20.000 mercredi en fin d'après-midi

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