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03/09/2015 13:51 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Climat : peu de progrès à Bonn sur la voie d'un accord

Malgré des avancées sur la question délicate de la compensation par les pays riches des dommages climatiques subis par les plus pauvres, les négociateurs de l'ONU sur le climat réunis à Bonn ont fait peu de progrès sur la voie d'un accord universel, à trois mois de la conférence de Paris.

"Les impacts du (changement du) climat s'aggravent dans de nombreuses parties du monde et les pauvres sont particulièrement touchés dans la mesure où ils ne reçoivent pas de compensations" pour les dégâts subis, comme la perte de leur maison, a déclaré à l'AFP Martin Kaiser, de Greenpeace.

Certains Etats, comme les petites îles qui risquent d'être submergées par l'élévation du niveau des océans due au réchauffement planétaire, veulent que l'accord espéré à la conférence de Paris (COP21) en décembre prévoie une compensation.

Les représentants de 195 Etats tenteront de conclure un accord universel pour limiter à deux degrés la hausse des températures, limite fixée par les scientifiques pour éviter des dégâts irréversibles.

La question des compensations "a toujours été un sujet très clivant", entre pays riches et pays en voie de développement, rappelle Romain Benicchio de l'ONG Oxfam.

Tout en reconnaissant leurs responsabilités historiques dans l'émission des gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement, les pays développés ont toujours refusé de signer un chèque en blanc aux pays pauvres concernés.

-Un texte 'incohérent'-

Mais "il commence à y avoir du mouvement dans le bon sens", et notamment "des signaux positifs" donnés par les Etats-Unis "sur la reconnaissance du problème", précise M. Benicchio.

Au cours d'une réunion à huis clos au début de la semaine, un délégué américain a indiqué aux négociateurs que les compensations pourraient faire partie de l'accord de Paris, selon deux participants.

Depuis le début de la session de négociations lundi, "il y a eu un énorme changement" d'attitude, "en particulier des pays développés", s'est réjoui auprès de l'AFP le Maldivien Amjad Abdulla, au nom de l'Alliance des petites îles (Aosis). "On peut voir un consensus émerger pour la concrétisation de cette question", a-t-il ajouté.

Mais sur le texte de négociation lui-même, qui préfigure le futur accord de Paris, les négociateurs n'ont guère avancé, en dépit d'innombrables réunions en groupes thématiques.

"Chacun considère que c'est à l'autre d'avancer. Tout le monde dit "+on n'avance pas+ mais personne ne dit +je retire telle ou telle proposition+", résume Pierre Radanne, conseiller sur le climat de plusieurs pays africains. "Personne n'a rien lâché sur le fond".

Les délégués planchent sur un texte à peine moins long que celui qu'ils ont examiné à leur dernière session, en juin. Il recense encore toutes les options possibles pour l'ensemble des questions débattues.

Ce document est "incohérent dans la mesure où vous avez plein de positions exprimées dans la première partie, et de gros morceaux jetés dans la partie 3, vous ne pouvez pas avoir une vue d'ensemble", a déploré le négociateur malaisien Gurdial Singh Nijar auprès de l'AFP. "On ne voit pas la cohérence entre les sections".

"Nous ne progressons pas vers la rédaction d'un texte cohérent", a-t-il ajouté.

Mercredi, au cours d'une assemblée plénière qu'ils avaient réclamée, les délégués s'étaient plaints de la lenteur des débats et de leur caractère abstrait, alors qu'il ne reste plus qu'une session de négociations -cinq jours en octobre-, avant la COP21.

Jeudi, une coalition de pays, parmi lesquels la Chine, l'Inde, et de nombreux pays africains, sud-américains, du Moyen-Orient et d'Asie, a appelé à "de vraies négociations, concrètes".

Car de nombreux sujets sont toujours sur la table, notamment la question cruciale des 100 milliards de dollars que les pays riches ont promis de verser tous les ans aux plus pauvres à partir de 2020.

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