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03/09/2015 11:03 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Bulgarie: le parlement rejette un projet de loi anticorruption

Le parlement bulgare a rejeté jeudi un projet de loi anticorruption visant à resserrer le contrôle sur les hauts fonctionnaires, alors que le pays est régulièrement critiqué par Bruxelles sur ce dossier.

Le texte proposée par le gouvernement de coalition du Premier ministre conservateur Boïko Borissov, n'a été soutenu que par 101 députés sur 211 présents.

Il prévoyait la création d'un "bureau de lutte contre la corruption sur les hauts étages du pouvoir" qui devait surveiller de près environ 10.000 responsables dont des hommes politiques, hauts fonctionnaires et magistrats, ainsi que des conseillers municipaux, recteurs d'université, directeurs d'hôpitaux et chefs de projets financés par des fonds européens.

Deux petits partis de la coalition gouvernementale, ABV (gauche) et Front patriotique (nationalistes) qui comptent 29 députés au total se sont cependant abstenus, leur position s'étant avérée décisive pour l'échec de la loi.

La vice-Premier-ministre Meglena Kouneva a déploré à cette occasion "l'absence de volonté de lutte contre la corruption".

Depuis son adhésion à l'UE en 2007, la Bulgarie fait l'objet, avec la Roumanie, d'un mécanisme de surveillance par la Commission européenne sur l'efficacité de son système judiciaire face à la corruption.

"Le projet de loi a fait peur à une bonne partie des députés par son effet potentiel sur leurs intérêts et les intérêts de personnes qu'ils défendent", a déclaré Mme Kouneva.

Des députés du Front patriotique se sont notamment opposés à une disposition de la loi qui prévoyait la possibilité d'enquête sur la base d'une alerte anonyme. Le président du parti socialiste (opposition) Mihaïl Mikov a dit craindre que la loi ne permette au gouvernement d'exercer "un racket sur l'opposition".

vs/pjl