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03/09/2015 02:59 EDT | Actualisé 03/09/2016 01:12 EDT

Attaque contre l'ambassadeur américain de Séoul: 15 ans de réclusion demandés

Le parquet de Séoul a requis jeudi 15 ans de réclusion contre un militant nationaliste accusé d'avoir blessé en mars l'ambassadeur des Etats-Unis à Séoul à l'arme blanche.

Kim Ki-Jong, 56 ans, est poursuivi pour tentative de meurtre après l'agression commise contre Mark Lippert à Séoul lors d'un petit-déjeuner officiel, qui lui avait valu 80 points de suture.

L'accusé est également poursuivi pour avoir fait l'éloge de la Corée du Nord en violation de la loi sur "la sécurité nationale".

Cette loi est entrée en vigueur en 1948 pour tenter de protéger la jeune Corée du Sud des tentatives d'infiltration venues du Nord communiste. Elle interdit toute promotion écrite ou orale de l'idéologie de Corée du Nord.

"Muni d'un couteau de cuisine meurtrier, l'accusé a visé à plusieurs reprises des parties vitales du corps" de la victime, a déclaré le procureur. "Son intention de tuer était explicite".

Il a également accusé Kim Ki-Jong d'avoir aidé l'ennemi nord-coréen.

Ce dernier est mis en cause pour avoir fait la promotion de la position défendue par Pyongyang selon laquelle les exercices militaires conjoints menés régulièrement par la Corée du Sud et les Etats-Unis sont la répétition générale de l'invasion de son territoire. C'était là le motif de l'attaque contre l'ambassadeur, soutient-il.

L'accusé dément avoir eu l'intention de tuer.

"Je voulais juste semer un peu la pagaille avant le petit déjeuner pour attirer son attention sur (la demande d'arrêt) des exercices conjoints. Je n'avais pas l'intention de le tuer", a-t-il dit au tribunal.

Kim Ki-Jong est considéré en Corée du Sud comme un franc-tireur nationaliste. Il avait été condamné en 2010 à deux ans de prison avec sursis pour avoir lancé une pierre contre l'ambassadeur du Japon à Séoul.

Le suspect s'est rendu en Corée du Nord à sept reprises et avait tenté d'ériger à Séoul un mémorial à la gloire de Kim Jong-Il après le décès du dirigeant nord-coréen en 2011.

Il avait expliqué aux enquêteurs que l'ambassadeur était une cible "symbolique" et qu'il entendait protester contre les exercices militaires responsables selon lui du blocage du dialogue avec le Nord.

Le verdict est attendu en fin de semaine prochaine.

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