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02/09/2015 12:49 EDT | Actualisé 02/09/2015 12:49 EDT

Ces chômeurs du secteur automobile encaissent encore les coups de la récession de 2008 (VIDÉO)

Bien peu de communautés ont été aussi dévastées par la crise manufacturière que Saint-Thomas, en Ontario. Pour les chômeurs de la petite municipalité de 37 000 habitants, le contexte de récession est une constante depuis six ans, et l'avenir ne s'annonce guère meilleur.

Un texte de Philippe Leblanc

Les mauvaises herbes envahissent maintenant ce qui était autrefois l'immense stationnement des 2000 employés du manufacturier automobile Ford, à Talbotville, à quelques kilomètres de Saint-Thomas. La clôture, interdisant l'accès à l'usine fermée depuis 2011, est toute rouillée.

Saint-Thomas a vu ses deux principaux employeurs - Ford et Sterling Heavy Truck - fermer. Au total, cinq usines ont mis la clé sous la porte depuis 2009 et plus de 3300 travailleurs ont été mis à pied.

À l'opposé, le centre d'emplois grouille de monde. Jusqu'à 50 personnes y vont chaque jour pour obtenir de l'aide ou y suivre des cours de mise à niveau dans le but de trouver du travail.

Vivre en travaillant au salaire minimum

Assise à un des ordinateurs, Deb Ough parcourt les dernières offres d'emplois. Elle travaillait dans une des usines maintenant fermées, celle de Lear Seating. Tout ce qu'elle voit ces jours-ci la désole : que des offres d'emplois à temps partiel ou du travail à presque le salaire minimum.

« Si vous voulez être capable de payer le loyer et de vous nourrir, c'est impossible avec un si bas salaire », dit-elle.

Deb Ough a malgré tout postulé une cinquantaine d'emplois, mais avec bien peu de succès. Elle n'a reçu l'appel que d'un seul employeur.

« Le problème, c'est que nous sommes trop nombreux à postuler les mêmes emplois. Nous avons été 1500 à envoyer notre candidature pour un seul emploi au salaire minimum récemment. » Pour elle, le Canada n'est pas retombé en récession.

« Quand je vois d'anciens collègues vivre dans la rue, je me dis que nous ne sommes pas encore sortis de la récession de 2008. » — Deb Ough

Difficile pour les jeunes de trouver de l'emploi

Dylan Wass consulte les nouveaux postes affichés sur le tableau du centre d'emplois. Il n'a que 20 ans et il rêve de devenir pompier. Il est sans travail depuis trois mois et il espère encore trouver de l'emploi pour mettre de l'argent de côté pour ses études.

« C'est difficile de trouver quelque chose, dit-il, beaucoup de personnes plus âgées et expérimentées passent avant moi. » Dylan Wass ne croit plus aux promesses de création d'emploi.

« Les politiciens nous demandent de leur faire confiance, mais la plupart du temps, ils ne créent pas les emplois promis. » — Dylan Wass

Cynisme envers les politiciens

Le semi-retraité Beven Allen n'est pas surpris d'apprendre que le Canada est à nouveau en récession, et ne digère pas que Stephen Harper soutienne que 80 % de l'économie se porte bien.

« Il doit faire partie de ce supposé 80 %, mais pas le travailleur moyen. Il n'y a pas eu beaucoup d'emplois créés dans la région ces dernières années », dit-il.

À Saint-Thomas, anciennement la capitale ferroviaire du pays et depuis quelques années le symbole du déclin manufacturier canadien, les affiches électorales sont rares, mais le cynisme est manifeste.

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