NOUVELLES
01/09/2015 09:33 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Une loi contestée sur les données personnelles des Russes entre en vigueur

Les données personnelles des Russes doivent désormais être stockées sur le territoire russe, en vertu d'une loi entrée en vigueur mardi et accueillie avec méfiance par le secteur technologique, dans un contexte de renforcement du contrôle de l'internet russe.

Les autorités se sont montrées conciliantes en promettant de laisser du temps aux géants américains du secteur tels Facebook pour appliquer ce texte voté à l'été 2014.

"Nous avons eu des contacts (avec les groupes américains), ils ont reçu les informations les intéressant et nous espérons qu'ils nous donneront leur position", a indiqué à l'AFP Vadim Ampelonski, porte-parole de l'agence russe de contrôle des médias, Roskomnadzor, chargée de l'application de la loi. "Nous ne prévoyons pas de les contrôler en 2015", a-t-il ajouté.

En revanche, 317 sociétés ou institutions publiques seront contrôlées avant le 31 décembre, dont 90 en septembre, a-t-il précisé.

La loi oblige les réseaux sociaux, les services de messagerie et les moteurs de recherche russes comme étrangers à stocker les données personnelles de leurs utilisateurs de nationalité russe sur un serveur en Russie, dont l'emplacement devra être transmis aux autorités russes. Dans le cas contraire, l'agence Roskomnadzor pourra bloquer l'accès à ces sites et services.

L'objectif du texte est de "servir d'instrument aux citoyens pour défendre leurs droits", a expliqué le directeur de l'association russe du secteur technologique RAEC, Sergueï Plougotarenko, dans un entretien avec le journal officiel Rossiïskaïa Gazeta. Cette fédération avait d'abord critiqué cette loi avant de recevoir des assurances des autorités.

Les données personnelles et leur utilisation sont au coeur de tensions croissantes entre groupes internet et pouvoirs publics. Le sujet est particulièrement sensible en Russie où les autorités ont introduit plusieurs lois renforçant le contrôle sur internet et les réseaux sociaux, devenus vitaux pour l'opposition russe.

Twitter et Facebook ont refusé dans le passé de transmettre des données d'utilisateurs réclamées par les autorités russes.

Interrogé par l'AFP, Twitter a indiqué que Roskomnadzor avait fait savoir en juillet que la loi "ne s'appliquerait pas" à ce site de microblogs. Facebook n'avait pas répondu dans l'après-midi mardi.

Selon la presse russe, ce dernier refuse de transférer ses données, tandis que Google, eBay, le site de réservations d'hôtels Booking.com ou le services de voitures avec chauffeurs Uber ont décidé de s'y plier.

Selon une étude publiée en juillet par la RAEC, plus de 80% des entreprises concernées étaient prêtes à faire face à l'entrée en vigueur de la loi.

Mais selon une autre enquête réalisée en avril par le cabinet Gartner auprès de 357 entreprises étrangères, 19% des sociétés interrogées comptaient quitter la Russie à cause de cette loi et 18% prévoyaient de l'ignorer.

or-gmo/mp/bds

FACEBOOK

TWITTER

GOOGLE

EBAY

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!