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01/09/2015 03:11 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Turquie: la police vise un groupe de presse d'opposition

La police turque effectuait mardi une vaste descente à Ankara dans les locaux appartenant au groupe de médias Ipek, critique du régime islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, et proche de son ennemi juré, le prédicateur Fethullah Gülen, ont rapporté les médias turcs.

De nombreux policiers ont fait irruption dans les différents bureaux de ce groupe de presse qui dispose de plusieurs journaux et de deux chaînes de télévision, procédant à des recherches, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Cette opération qui vise 23 entreprises du holding Koza Ipek "s'inscrit dans le cadre de l'enquête pour terrorisme visant Fethullah Gülen", a indiqué pour sa part l'agence progouvernementale Anatolie.

Cette agence a affirmé que le PDG de ce groupe, Akin Ipek, se trouvait à l'étranger.

Il y a quelques jours encore, Fuat Avni, un compte Twitter qui publie des informations explosives sur l'entourage de M. Erdogan avait fait état d'une opération répressive imminente de la police contre les médias d'opposition, alors que la Turquie traverse une période d'instabilité politique sur fond de reprise des violences avec les rebelles kurdes.

"Erdogan a ordonné de réduire les médias critiques au silence", avait écrit Fuat Avni.

Selon ce compte Twitter, outre le groupe Ipek, les quotidiens Sözcü et Taraf ainsi que les médias appartenant au grand groupe Dogan sont également sur la liste des médias visés.

Le chef de l'Etat turc accuse le mouvement Hizmet ("service" en turc) de Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, d'avoir voulu renverser son régime en montant contre lui l'opération anticorruption lancée à l'hiver 2013-2014 contre sa personne et son entourage politique.

Depuis, M. Erdogan a opéré de nombreuses purges contre les adeptes de Hizmet dans la fonction publique, et plus particulièrement dans la police.

Le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) de M. Erdogan a été privé lors des élections législatives de juin de sa majorité gouvernementale, une première depuis 2002.

Faute d'un accord au Parlement en faveur d'une coalition gouvernementale, M. Erdogan a convoqué des élections anticipées pour le 1er novembre.

ba/ehl/jh

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