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01/09/2015 15:24 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Tunisie/corruption: manifestation à Tunis pour dénoncer un projet d'amnistie

Des dizaines de personnes ont manifesté mardi à Tunis pour protester contre le projet de loi qui prévoit, au nom de la "réconciliation" nationale, l'amnistie de personnes poursuivies pour corruption en échange d'un remboursement et d'une pénalité financière.

"Non à la réconciliation avec les corrompus", "Non, nous n'allons pas pardonner!", ont scandé les manifestants réunis, sous forte présence policière, devant le siège du l'Union générale tunisienne du travail (UGTT).

"Le gouvernement veut protéger les voleurs et blanchir la corruption! Cette loi ne va pas passer! Faudra passer sur nos corps", a clamé Latifa Sellmi, qui avait répondu à l'appel à manifester lancé sur les réseaux sociaux.

Selon l'avocat Charfeddine Kellil, membre du mouvement "Non, nous n'allons pas pardonner", créé à l'annonce du projet de loi, "cette manifestation n'est que le début d'un mouvement". L'objectif est "de dire non à ce texte qui enracine la corruption dans le pays", a-t-il ajouté, dénonçant un projet de loi "contraire à la Constitution, à la justice et au processus démocratique".

Alors que l'état d'urgence a été réintroduit en Tunisie à la suite de l'attaque jihadiste de Sousse fin juin (38 morts), les manifestants ont été dispersés par la police après avoir été empêchés de rejoindre l'avenue Habib Bourguiba, symbole de la révolution du 14 janvier 2011.

Présenté en conseil des ministres mi-juillet, le projet de loi dit de "réconciliation économique et financier" a été proposé par le président Béji Caïd Essebsi afin de "tourner la page du passé".

Mais la question est sensible en Tunisie, où la révolution ayant mis fin à la dictature de Zine El Abidine Ben Ali s'est aussi faite contre la corruption et le népotisme.

Le texte, qui doit être étudié par le Parlement à une date indéterminée, entend "stopper les poursuites et les procès et annuler les peines prononcées" contre les fonctionnaires accusés ou condamnés pour corruption mais n'ayant pas touché de pots-de-vin.

Toute personne ayant "tiré un profit ou pris des pots-de-vin ou en ayant donné" devra pour sa part présenter un dossier à une commission qui sera instaurée en cas d'approbation du projet de loi.

Les poursuites seront définitivement annulées en échange du paiement "d'une somme d'argent égale à la valeur de l'argent public détourné ou du profit obtenu, à laquelle s'ajoute un taux de 5% pour chaque année depuis les faits", indique le texte.

kl/gk/vl

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