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01/09/2015 09:09 EDT | Actualisé 01/09/2015 09:10 EDT

Tokyo 2020 renonce à son logo à cause d'accusations de plagiat

Le comité d'organisation des Jeux olympiques de 2020 de Tokyo, déjà contraint de renoncer à son projet initial de stade, a décidé mardi de ne plus utiliser le logo officiel, entaché depuis des semaines de soupçons de plagiat.

«La situation est devenue difficile à comprendre pour les citoyens, même si du point de vue des experts du monde du design le logo de Tokyo 2020 est une création originale», a déclaré lors d'une conférence de presse le directeur général du comité, Toshiro Muto, assurant que cette décision n'était pas liée aux accusations de plagiat du designer du symbole graphique du théâtre de Liège.

Le Japonais Kenjiro Sano, créateur de ce logo controversé, a lui-même jugé difficile de continuer: «M. Sano a lui-même demandé le retrait du logo, comprenant sans doute sa responsabilité», a ajouté M. Muto.

La décision finale d'abandonner les images créées par M. Sano pour les Jeux olympiques et paralympiques a été prise lors d'une réunion extraordinaire dudit comité mardi.

Des personnalités étaient montées au créneau et une pétition pour le changement de logo a réuni 22 000 signatures.

Outre le fait que la société MR-Design de M. Sano a déjà été prise en flagrant délit de copie d'illustrations pour une campagne publicitaire du brasseur japonais Suntory, de récentes révélations sur internet ont contribué à décrédibiliser le graphiste.

Limiers du net

Des internautes ont débusqué plusieurs photos qui ont été utilisées par M. Sano sans autorisation, y compris dans le cadre de la campagne du logo de Tokyo 2020. Il a notamment employé un visuel d'un aéroport japonais repris sur internet, selon la chaîne NHK.

Par ailleurs, d'autres illustrations auraient inspiré le designer pour créer son logo, toujours selon des internautes, qui appuient leurs dires sur des visuels publiés en ligne.

«Sont apparues en fin de semaine dernière des révélations sur internet qui ont nécessité d'interroger M. Sano», a indiqué M. Muto, faisant précisément référence à la découverte d'une affiche présentant le typographe Jan Tschichold où sautent aux yeux les ressemblances avec l'esthétique du logo des JO.

«M. Sano doit donner des explications claires», a déclaré pour sa part à la presse le gouverneur de Tokyo, Yoichi Masuzoe.

Les «limiers du net» - qui sont nombreux au Japon et font assez souvent parler d'eux - ont entraîné la défection de M. Sano au terme d'une véritable campagne d'investigation depuis que le créateur du logo du théâtre de Liège, Olivier Debie, a accusé en juillet son collège de Tokyo d'avoir copié sa création.

Dès l'apparition de ces premiers doutes, ces enquêteurs amateurs ont mis au jour des similitudes troublantes dans le cas de la campagne du groupe Suntory, ce qui a conduit le designer à présenter des excuses et à retirer ces graphismes problématiques.

Le logo après le stade

M. Sano a cependant tenté de prouver sa bonne foi avec des diagrammes et d'autres documents décrivant le cheminement de la conception du logo Tokyo-2020.

Le graphiste belge a porté l'affaire devant la justice de son pays où une décision doit être rendue le 22 septembre par le tribunal civil de Liège.

Le comité d'organisation des JO de la capitale japonaise avait jusqu'à présent soutenu le designer et laissé libres les sponsors d'utiliser le logo.

Désormais, cette même instance s'apprête à préparer une deuxième compétition pour la réalisation d'un nouvel emblème.

Ce scandale du logo survient après celui du stade olympique: en raison de protestations sur le coût jugé exorbitant du premier projet sélectionné, le gouvernement a décidé de tout reprendre à zéro. Initialement, la facture s'élevait à 162 milliards de yens (1,2 milliard d'euros), mais le total est monté à 252 milliards (1,87 md EUR).

Tokyo va lancer rapidement un nouvel appel d'offres, auquel le Comité international olympique (CIO) souhaite être associé. De nouveaux plans sont espérés avant la fin de 2015, mais il sera désormais difficile de tenir les délais et de livrer l'enceinte en janvier 2020, comme l'exige le CIO.

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