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01/09/2015 13:17 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Protecteur du citoyen: lacunes majeures dans un centre d'hébergement en Abitibi

MONTRÉAL — Un rapport du Protecteur du citoyen fait état d'une situation fort préoccupante et de lacunes majeures dans un centre d'hébergement pour personnes âgées, cette fois en Abitibi-Témiscamingue.

Des résidants ont vu leur culotte d'incontinence être rembourrée pour durer plus longtemps; d'autres qui réclamaient de l'aide pour aller à la toilette se sont fait dire de faire leurs besoins dans leur culotte d'incontinence; d'autres se sont fait dire à quelle heure ils devaient avoir fini de manger puis, à cette heure, se sont fait enlever leur assiette en se faisant dire qu'ils n'avaient plus faim.

Dans le rapport d'une vingtaine de pages, les exemples de manque de respect, d'insultes, de même que de manque de soins et services sont nombreux. On y parle aussi d'un recours inadéquat aux mesures de contrôle.

Une infirmière assistante au supérieur immédiat est plus particulièrement montrée du doigt dans le rapport pour son attitude envers les résidants, son ton bourru et son langage inacceptable. Le rapport du Protecteur du citoyen rapporte ses propos, comme «viens-t'en par icitte» et «ôte-toi de là», sans compter ses blasphèmes et les qualificatifs employés envers les résidants comme «emmerdeuse», «fatigante» et autres.

L'assistante au supérieur immédiat en question a même effectué des démarches pour obtenir de limiter la mobilité d'une résidante en fixant son fauteuil roulant au mur. Elle a également autorisé qu'on limite les déplacements d'une résidante en plaçant un bâton dans les roues de son fauteuil roulant.

Le rapport fait également état d'entraves à l'engagement des familles auprès de leur proche hébergé, voire de mesures de représailles lorsqu'ils se sont plaints. Ainsi, «l'enquête démontre que les familles et les résidants qui s'opposent à l'infirmière (en question) ou qui questionnent les pratiques en vigueur au 4e étage en subissent les conséquences, sous la forme de mesures de représailles. En particulier, des soins à des résidants auraient été retardés ou omis en raison d'insatisfactions ou de préoccupations exprimées par leurs proches», écrit le Protecteur du citoyen.

Le climat imposé par la fameuse infirmière a aussi affecté d'autres membres du personnel, qui ont subi ses foudres. «Les membres du personnel qui se plaignent des pratiques en vigueur au 4e étage font l'objet d'agissements qui s'apparentent à du harcèlement de la part de l'infirmière» en question. Un employé qui avait osé exprimer son désaccord «a fait l'objet de propos dénigrants de la part de l'infirmière» en question, tant à l'intérieur du centre qu'à l'extérieur, note-t-on dans le rapport.

L'assistante au supérieur immédiat n'est pas la seule fautive. Le rapport fait aussi état d'employés du 4e étage «discutant entre eux de leur horaire et de leurs conditions de travail en ignorant la présence de résidants auxquels ils sont pourtant à fournir des soins». Le Protecteur du citoyen conclut à «des lacunes troublantes dans la dispensation des soins et services de base aux résidants du 4e étage».

Le Protecteur du citoyen a fait enquête à la suite de nombreux signalements reçus concernant le Centre d'hébergement Harricana, rattaché au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue. Ce centre compte 100 places d'hébergement situées sur trois étages d'un immeuble. Certains résidants ont des problèmes cognitifs, des déficiences physiques importantes; certains sont enclins aux fugues; d'autres sont davantage autonomes mais nécessitent tout de même d'être hébergés.

Lia Lévesque, La Presse Canadienne

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