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01/09/2015 12:15 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Première victime dans le ciel russe: Aeroflot va reprendre sa rivale Transaero

La crise économique a fait mardi sa première victime dans le ciel russe: la première compagnie aérienne du pays, Aeroflot, va engloutir la deuxième, Transaero, étranglée financièrement par l'effondrement du rouble et la baisse du trafic à l'international.

La disparition programmée de la première compagnie privée russe illustre les difficultés du secteur après plusieurs années de forte croissance et au moment où la plupart des transporteurs internationaux respirent grâce à la baisse du prix du kérosène. Elle va transformer Aeroflot, héritière du monopole aérien soviétique encore contrôlée à 51% par l'Etat, en un groupe représentant plus de la moitié du trafic aérien russe, d'autant plus puissant que la quatrième compagnie russe, Utair, se trouve également en difficultés.

Le principe d'une offre sur 75% du capital de Transaero a été approuvé lors d'une réunion dirigée par le numéro deux du gouvernement russe Igor Chouvalov et doit maintenant être formalisé par le conseil d'administration de la compagnie publique, a indiqué à l'AFP une source proche du gouvernement.

Transaero a ensuite confirmé la tenue de cette réunion et jugé qu'une offre d'Aeroflot serait "dans les intérêts du développement de l'aviation civile". "Les actionnaires de Transaero estiment que cette mesure répond aux intérêts des passagers, des employés et des partenaires de la compagnie", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

"Effectivement, la possibilité d'une consolidation avec Transaero est actuellement discuté", s'est contenté de commenter le porte-parole d'Aeroflot, Maxime Fetissov, sur la radio Echos de Moscou.

Selon l'agence Interfax, l'offre pourrait être lancée dès jeudi pour un montant symbolique d'un rouble (1,4 centime d'euros), signe de l'ampleur des difficultés de Transaero.

Créée en 1991, cette dernière a transporté sur les six premiers mois de l'année 5,7 millions de passagers contre 15 millions pour l'ensemble du groupe Aeroflot (y compris ses filiales Rossia et Pobeda). Lourdement endettée, elle s'est trouvée prise en étau entre la crise monétaire qui a éclaté en décembre dernier en Russie sur fond de sanctions économiques imposées par les Occidentaux au nom de la crise ukrainienne et la chute des cours du pétrole, première source de revenus du pays avec le gaz.

- Politique de bas prix -

La faiblesse de la monnaie augmente les coûts liés au dollar, comme la location en crédit-bail et l'entretien des avions ou encore le remboursement des crédits.

Surtout, les prix des billets d'avion ont fortement augmenté pour les liaisons internationales et le pouvoir d'achat des ménages a diminué, détournant les Russes de ces destinations sur lesquelles Transaero était particulièrement présente. Elle dessert la plupart des capitales européennes mais aussi les Caraïbes ou la Thaïlande.

La compagnie, dont la flotte dépasse les 100 appareils (surtout des Boeing) avait bénéficié dès décembre d'une aide publique sous la forme d'une garantie sur crédit pour éviter une pagaille dramatique en période des fêtes si ses avions s'étaient trouvé cloués au sol.

Depuis, sa situation, comme celle de Utair, restait précaire. Selon la presse russe, les pouvoirs publics étaient réticents à les renflouer et Aeroflot s'y opposait, estimant que ces compagnies payaient le prix de leur endettement excessif et de leur politique de prix bas appliquée ces derniers mois pour remplir leurs avions quitte à perdre de l'argent.

Aeroflot a mis d'importants moyens pour rajeunir sa flotte et moderniser son image, rejoignant l'alliance SkyTeam avec notamment Air France-KLM, mais a conservée une situation financière plus solide.

Elle a malgré tout creusé sa perte nette à 3,5 milliards de roubles (47 millions d'euros) au premier semestre, conséquence de la hausse de ses charges financières du fait de l'effondrement du rouble.

La compagnie est parvenue en revanche à enregistrer une croissance de 14% de son trafic passagers, grâce à une forte hausse du trafic sur les liaisons intérieures et le lancement de sa low-cost Pobeda. Sa part de marché en Russie a augmenté de 5,8 points à 37%, mais devrait dépasser 50% si elle reprend tous les vols de Transaero.

gmo/kat/cr/

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