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01/09/2015 14:59 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Les néo-démocrates dénoncent l'absence du ministre Oliver pour parler récession

OTTAWA — «Où est Joe Oliver?», se demandent ces temps-ci les adversaires des conservateurs et certains observateurs de la scène politique.

Après quatre semaines de campagne électorale, le ministre des Finances du gouvernement conservateur, qui se représente après tout à Toronto, est totalement absent de la couverture médiatique, même si le mot «récession» est sur toutes les lèvres depuis quelques jours.

Joe Oliver, âgé de 75 ans, a annulé deux allocutions devant des «clubs économiques» de Toronto, la semaine dernière et cette semaine, sans fournir d'explications. L'un de ces clubs ne regroupait que des hommes, il est vrai, et la chose s'est sue.

Son entourage n'a pas répondu aux demandes répétées d'entrevues de La Presse Canadienne — même mardi, à la suite de la publication des données de Statistique Canada qui révèlent que l'économie s'est repliée pour un deuxième trimestre consécutif, entraînant le pays en territoire de «récession technique».

L'adversaire néo-démocrate dans sa circonscription d'Eglinton-Lawrence, l'ancien ministre des Finances de la Saskatchewan Andrew Thomson, s'est ironiquement inquiété, mardi matin, de l'absence du candidat ministre en cette période d'incertitude économique. «Joe, où es-tu?», a lancé M. Thomson en conférence de presse à Ottawa.

«Je trouve assez intéressant que le ministre des Finances manque à l'appel dans ce dossier. C'est un enjeu important, et je crois que les Canadiens sont en droit d'obtenir des réponses du principal ministre économique de ce gouvernement (...) plutôt que des doreurs d'image», a-t-il fait valoir.

Les conservateurs avaient délégué aux micros, en fin de semaine dernière, le ministre de la Défense, Jason Kenney, pour commenter les statistiques économiques qui menaçaient à l'horizon.

La seule contribution du ministre Oliver à ce débat aura été un message publié mardi sur son compte Twitter, où il soutient que «le PIB a augmenté de près de 4 milliards $ au deuxième trimestre — du début d'avril à la fin de juin —, à la suite d'une hausse de 0,5 pour cent en juin».

Le Produit intérieur brut a effectivement augmenté légèrement en juin, selon Statistique Canada, mais le deuxième trimestre s'est quand même soldé par une baisse du PIB, comme le précédent, ce qui constitue la définition technique d'une récession.

On ignore quelle méthode statistique a utilisée M. Oliver pour en arriver à cette conclusion, et son cabinet n'a pas précisé davantage.

En campagne à Burlington, en Ontario, le premier ministre sortant a utilisé sensiblement la même rhétorique, mardi matin. «L'économie canadienne dans son ensemble est en croissance, selon les chiffres de juin. C'est ça, la réalité. C'est ça, la réalité de la situation. Ce sont de bonnes nouvelles», a insisté Stephen Harper.

Bruce Cheadle, La Presse Canadienne

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