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01/09/2015 16:32 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Les changements climatiques évacués ou en sourdine de la campagne électorale?

OTTAWA — Un sommet international sur l'Arctique, qui semble conçu sur mesure pour reverdir le blason du président américain, Barack Obama, illustre aussi à quel point le dossier des changements climatiques est absent jusqu'ici de la campagne électorale des trois grands partis fédéraux.

Les ministres des Affaires étrangères des huit pays riverains de l'Arctique se sont réunis lundi à Anchorage, en Alaska, à l'invitation du secrétaire d'État américain, John Kerry. Ils ont discuté des «défis et des opportunités» que soulèvent les changements climatiques dans cette région sensible du globe — aussi bien d'un point de vue écologique que géopolitique.

Le Canada, dont la côte arctique est la plus longue de tous ces pays riverains, a dépêché à Anchorage une délégation dirigée par un haut fonctionnaire, mais pas le ministre Rob Nicholson, retenu au pays à cause «de la campagne électorale en cours», a indiqué la porte-parole aux Affaires étrangères, Diana Khaddaj.

Cette décision respecte la «convention de transition», qui veut que les ministres, une fois le Parlement dissous, n'assurent que les services essentiels à la bonne marche du gouvernement, sans poser de gestes controversés. Ce qui n'a pas empêché le secrétaire d'État américain, dans son allocution de clôture, de souligner diplomatiquement l'absence de son homologue canadien.

Les partis d'opposition ont eu beau railler pendant 10 ans les politiques conservatrices depuis l'arrivée au pouvoir de Stephen Harper, la présence fort discrète du Canada au sommet de l'Alaska n'a pas soulevé de vagues pendant la campagne électorale. Pas plus que les changements climatiques en général, du reste.

Le Nouveau Parti démocratique n'a toujours pas publié sa politique sur le carbone — mais le chef Thomas Mulcair, ancien ministre québécois de l'Environnement, a plaidé, pendant la course à la direction du NPD en 2012, pour un système de plafonnement et d'échanges de droits d'émissions de gaz carbonique.

La candidate vedette du NPD Linda McQuaig, à Toronto, a embarrassé un peu son parti en soutenant, comme bien des environnementalistes, qu'«une grande partie des sables bitumineux devraient peut-être demeurer enfouis dans le sol» si le Canada veut atteindre ses cibles de réductions des gaz à effet de serre. M. Mulcair a dû rapidement rappeler la position officielle du parti: oui à l'exploitation des sables bitumineux, mais de façon «durable».

Les libéraux, quant à eux, ont promis des projets d'infrastructures de 60 milliards $, dont certains liés à l'économie verte, et une concertation avec les provinces pour mettre en place une certaine forme de marché du carbone.

Les conservateurs ont annoncé en mai dernier que le Canada se présenterait au sommet de Paris, en décembre, avec un nouvel engagement de réduire d'ici 2030 ses émissions de 30 pour cent par rapport aux niveaux de 2005, mais n'a pas précisé comment on s'y prendrait.

«Je pense que les chefs de partis ont peur d'aller au coeur du problème, soit l'approche globale que nous adoptons face à l'énergie», estime Louise Comeau, directrice du Climate Action Network, qui parle d'une attitude de «déni».

Chez Greenpeace Canada, on semble plus optimiste pour expliquer l'absence relative des changements climatiques dans la campagne. Keith Stewart croit ainsi que cet enjeu est maintenant intégré tout naturellement dans le débat plus large sur l'économie et les infrastructures.

Bruce Cheadle, La Presse Canadienne

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