NOUVELLES
01/09/2015 12:12 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Le Canada en récession avec la chute du pétrole

L'économie canadienne est en récession, cas isolé parmi les pays les plus industrialisés, avec un coup de frein brutal de son secteur pétrolier suite à l'effondrement des cours du brut depuis un an.

Le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 0,5% en rythme annuel au deuxième trimestre, après un recul de 0,8% au premier trimestre, a annoncé mardi l'institut de la statistique.

C'est la deuxième fois en six ans que le Canada, cinquième producteur de pétrole de la planète, se retrouve en récession technique qui se caractérise par deux trimestres consécutifs de recul du PIB.

Cela s'explique par la forte baisse des investissements des entreprises au deuxième trimestre dans les secteurs pétroliers, gaziers et miniers, le prix de plusieurs métaux étant au plus bas depuis 15 ans.

Des économistes ont tempéré l'ampleur du recul de l'économie, évoquant une simple récession "technique".

Le "recul du PIB réel au cours des deux premiers trimestres de 2015 est beaucoup plus faible que les baisses observées lors des épisodes précédents de récession", a noté Benoit Durocher de la banque Desjardins. Les "difficultés actuelles de l'économie ne sont pas généralisées", a-t-il ajouté.

En campagne pour les élections du législatives du 19 octobre, le Premier ministre conservateur Stephen Harper, au pouvoir depuis 2006, a nié que le Canada était en récession. "On a actuellement de la croissance sur 80% de l'économie", a-t-il dit.

En réalité, selon Statistique Canada, c'est un tiers des secteurs de l'économie qui ont été frappés par la récession. Outre le secteur de l'énergie et des mines, le secteur manufacturier et le bâtiment ont également reculé.

- L'emploi épargné -

La chute des prix de l'or noir touche principalement l'Alberta, province de l'ouest canadien qui alimentait la croissance du pays ces dernières années, et où le coup de frein brutal des investissements dans le secteur des hydrocarbures a provoqué des milliers de pertes d'emplois depuis le début de l'année.

Les deux plus importantes économies du pays, celles de l'Ontario et du Québec, qui comptent davantage sur le secteur manufacturier et les exportations, tirent un peu mieux leur épingle du jeu, grâce à la dépréciation du dollar canadien, au plus bas depuis plus de 10 ans face au dollar américain. Mais la croissance y demeure poussive.

La récession ne s'est pas traduite comme c'est le cas habituellement par des pertes massives d'emploi, le taux de chômage s'étant quasiment maintenu entre décembre (6,7%) et juillet (6,8%).

Au deuxième trimestre, la croissance de l'économie canadienne a été tirée essentiellement par les dépenses de consommation des ménages, les exportations et les investissements résidentiels.

Le recul de l'économie canadienne devrait être de courte durée, selon la plupart des économistes, qui tablent sur une relance au troisième trimestre.

"Il y a de bonnes raisons de croire que le pire est passé", a dit Brian DePratto de la banque TD en notant le fort rebond de la croissance en juin, alors que le PIB a progressé de 0,5% par rapport à mai.

Le Canada pourrait notamment profiter dans les prochains mois de l'accélération de la croissance aux Etats-Unis, pays qui absorbe les trois-quarts des exportations canadiennes, et où la croissance s'est établie à 3,7% au deuxième trimestre.

La banque centrale canadienne a procédé à deux baisses d'un quart de point de son taux directeur depuis le début de l'année pour stimuler l'économie et celui-ci s'établit maintenant à 0,50%. Elle prévoit que la croissance de l'économie canadienne en 2015 atteindra 1,1%.

Dans les conditions actuelles, la Banque du Canada devrait s'en tenir au statu quo lors de sa prochaine réunion du 9 septembre. Mais une nouvelle baisse du taux directeur n'est pas exclue pour autant, selon Benoit Durocher, "si jamais le rebond anticipé de l'économie canadienne devait décevoir".

jl/mbr/jld/faa

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!