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01/09/2015 07:36 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

L'UE "préoccupée" par les actions contre la presse en Turquie

L'Union européenne s'est dite "préoccupée" mardi après l'arrestation en Turquie de deux journalistes britanniques travaillant pour Vice News, inculpés pour "terrorisme", et par une descente de police dans un groupe de médias critique envers les autorités turques.

"Nous sommes préoccupés non seulement par l'opération lancée ce matin contre des entreprises liées au groupe Koza Ipek suspectées de financer le terrorisme, mais aussi par exemple par les arrestations récentes de journalistes de Vice News en Turquie sur la base de charges liées au terrorisme", a déclaré Maja Kocijancic, une porte-parole de l'UE pour les Affaires étrangères, lors d'un point de presse.

Ces deux journalistes et leur traducteur irakien ont été inculpés lundi par un tribunal de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, pour avoir "participé à des activités terroristes" pour le compte du groupe jihadiste Etat islamique, et maintenus en détention.

Vice News, une chaîne d'information sur Internet dont le siège est aux Etats-Unis, a identifié les deux journalistes comme étant Jake Hanrahan et Philip Pendlebury, tous deux de nationalité britannique.

"L'UE rappelle avant tout l'importance de la présomption d'innocence et le droit à une enquête indépendante et transparente (...) qui respecte pleinement les droits de la défense", a insisté Mme Kocijancic.

La police turque a en outre effectué mardi à Ankara une vaste descente dans les locaux appartenant à un groupe de médias critique du régime islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan, et proche de son ennemi juré, le prédicateur Fethullah Gülen.

Cette opération qui vise 23 entreprises du holding Koza Ipek "s'inscrit dans le cadre de l'enquête pour terrorisme visant Fethullah Gülen", a indiqué l'agence progouvernementale Anatolie, alors que la Turquie traverse une période d'instabilité politique sur fond de reprise des violences avec les rebelles kurdes.

La Turquie est candidate à l'adhésion à l'UE depuis 2005, mais les négociations sont bloquées.

"Tout pays qui négocie une adhésion à l'UE doit garantir le respect des droits de l'homme, y compris la liberté d'expression, conformément à la Convention européenne des droits de l'homme par exemple", a rappelé la porte-parole.

Le chef de l'Etat turc accuse le mouvement Hizmet ("Service" en turc) de Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, d'avoir voulu renverser son régime en montant l'opération anticorruption lancée à l'hiver 2013-2014 contre sa personne et son entourage politique.

Depuis, M. Erdogan a opéré de nombreuses purges contre les adeptes de Hizmet dans la fonction publique, et plus particulièrement dans la police.

axr/agr/phv

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