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01/09/2015 15:17 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Israël: les écoles chrétiennes en grève, manifestation à Nazareth

Plusieurs centaines de chrétiens ont manifesté mardi soir au pied de la basilique de l'Annonciation à Nazareth, haut lieu de la chrétienté en Israël, contre la discrimination dont font l'objet leurs écoles selon eux, entrées en grève illimitée le même jour, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Ce que nous demandons ici, ce n'est pas un privilège, mais la justice, pour nos écoles comme pour toutes les autres écoles d'Israël", a lancé Mgr Boulos Marcuzzo, évêque de Nazareth et chef de l'Eglise catholique de rite latin en Israël.

Il s'exprimait devant une foule essentiellement composée de mères, d'enfants et de religieux brandissant des banderoles proclamant: "le gouvernement veut la fin des écoles chrétiennes" et "les écoles chrétiennes réclament l'égalité: financement total".

Les portes des 47 écoles chrétiennes d'Israël sont restées closes mardi matin, privant 33.000 élèves de rentrée faute d'un accord avec les autorités sur le financement de l'enseignement, a indiqué à l'AFP Botrus Mansour, qui fait office de porte-parole des écoles chrétiennes en Israël.

Elles le resteront aussi longtemps qu'une solution n'aura pas été trouvée, a dit l'évêque de Nazareth à l'AFP, car "si les écoles chrétiennes sont menacées, à la longue c'est la présence chrétienne en Israël qui est menacée".

Le dignitaire religieux a dit compter sur la mobilisation des chrétiens de tous les rites mais aussi sur la rencontre jeudi entre le pape François et le président israélien Reuven Rivlin au Vatican.

"Le Saint-Siège va certainement évoquer le sujet", a-t-il dit.

Les leaders chrétiens s'émeuvent de la baisse, de 45% au cours des deux dernières années selon eux, des financements de l'Etat aux écoles chrétiennes et de l'inégalité de traitement par rapport aux écoles juives.

Israël reconnaît les écoles chrétiennes mais ne les considère pas comme publiques et ne prend donc en charge que 29% de leur financement, a expliqué l'évêque de Nazareth. Le reste est donc assumé par les parents, ce qui est insupportable, a-t-il dit, mais en plus les autorités ont plafonné il y a plusieurs mois les sommes qui pouvaient être demandées aux parents.

Les écoles voudraient recevoir de l'Etat 200 millions de shekels (50,9 millions de dollars) par an, a-t-il dit.

Deux députés arabes présents à la manifestation ont prévenu qu'à défaut de solution la grève serait étendue à tout le secteur économique arabe. Nazareth se trouve dans une zone majoritairement arabe où se situent aussi beaucoup des écoles concernées.

L'un de ces députés, Jamal Zahalka, s'est dit confiant que le gouvernement céderait tant la pression internationale est grande selon lui.

"Depuis un an et demi, nous sommes en discussion avec les autorités israéliennes et de nombreuses voix sont intervenues, même le Vatican. Il y a une semaine, le président Reuven Rivlin et le ministre de l'Education Naftali Bennett nous ont fait des déclarations très positives", a dit Butros Mansour, "mais au-delà des belles déclarations politiques, une semaine plus tard, nous n'avons vu aucune proposition sérieuse. Nous avons tout tenté et il ne nous reste plus que l'option de la grève".

"C'est une question d'égalité, un enfant israélien juif a droit à (une scolarité financée à) 100% (par l'Etat) et pas ceux de nos écoles, alors que notre enseignement est l'un des meilleurs en Israël", déplorait récemment le père franciscain Abdel Massih Fahim, directeur des écoles de la Custodie de Terre sainte.

Le ministère de l'Education s'est défendu dans un communiqué mardi soir de toute discrimination et a assuré qu'il poursuivait le dialogue.

lal/vl

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