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01/09/2015 09:25 EDT | Actualisé 01/09/2016 01:12 EDT

Hongrie: pas de trains en partance de Budapest vers l'Autriche et l'Allemagne

BUDAPEST, Hongrie — Les autorités hongroises ont suspendu mardi, pour une période indéterminée, le service ferroviaire au départ de la gare centrale de Budapest et elles ont expulsé les centaines de migrants qui s'y massaient dans l'espoir de prendre des trains à destination de l'Allemagne et de l'Autriche.

Des migrants qui scandaient «liberté, liberté» se sont assemblés à l'extérieur de la gare après en avoir été chassés, se joignant aux centaines d'autres qui se trouvaient déjà sur place.

Les policiers sont intervenus rapidement après que les responsables aient annoncé, dans les haut-parleurs de la gare, que tous les trains seraient immobilisés pour une période indéterminée.

Des centaines de passagers en possession de billets et de documents de voyage sont quand même demeurés sur place, certains fixant les écrans qui affichaient toujours les départs et les arrivées.

Mardi matin, des échauffourées ont éclaté entre des policiers et des centaines de migrants lorsque ceux-ci ont tenté de forcer une clôture qui les empêchait de monter à bord d'un train au départ pour Vienne et Munich. Certains migrants ont affirmé qu'ils venaient de dépenser des centaines d'euros pour acheter des billets de train après que la police leur ait dit qu'ils y seraient admis.

La décision de fermer la gare a possiblement été prise en réaction à la pression exercée par d'autres pays européens, qui croulent sous le flot de réfugiés qui arrivent de Hongrie.

À Vienne, la police autrichienne a ainsi affirmé que 3650 migrants étaient arrivés lundi à la gare Westbahnhof en provenance de Hongrie. La plupart ont ensuite poursuivi leur chemin vers l'Allemagne, la gare de Munich étant située à environ 200 kilomètres plus à l'ouest.

«Leur permettre de simplement embarquer à Budapest (...) et regarder pendant qu'ils s'en vont chez le voisin (l'Autriche) — ce n'est pas de la politique», a déclaré le chancelier autrichien Werner Faymann au diffuseur ORF.

Le premier ministre hongrois Viktor Orban rencontrera jeudi plusieurs dirigeants de l'Union européenne pour discuter de la crise, dont le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du Conseil européen Donald Tusk et le président du Parlement européen Martin Schulz.

Les autorités autrichiennes ont admis avoir été dépassées par les milliers de réfugiés arrivés par rail lundi soir. Les policiers ont reconnu avoir été incapables d'encadrer adéquatement les migrants, ce qui aurait normalement impliqué de refouler vers la Hongrie ceux qui ne possédaient pas les bons documents et qui ne comptaient pas demander l'asile en Autriche.

Les autorités autrichiennes ont toutefois remis en place les contrôles douaniers instaurés la veille pour tenter de repérer d'éventuels passeurs et leur cargaison humaine. Un bouchon de six kilomètres s'est formé au poste de Hegyeshalom.

La Hongrie a annoncé mardi que 156 000 migrants sont arrivés sur son territoire depuis le début de l'année. Environ 142 000 personnes ont demandé l'asile politique, dont 45 000 Syriens.

La police tchèque a quant à elle intercepté plus de 200 migrants qui arrivaient lundi soir depuis l'Autriche et la Hongrie à la ville frontalière de Breclav. La plupart d'entre eux ne possédaient pas les documents nécessaires pour entrer sur le territoire tchèque et seront maintenant envoyés vers des centres pour migrants.

De nouvelles violences ont éclaté mardi à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, où 1500 migrants se massent en attendant de pouvoir poursuivre leur périple vers le nord. Des échauffourées se sont produites quand des centaines de personnes ont tenté d'entrer en Macédoine par la force. Les gardes macédoniens ne laissent passer que de petits groupes à la fois, pour rejoindre la gare de Gevgelija.

L'Unicef a d'ailleurs fait savoir que le nombre de femmes et d'enfants qui fuient par la Macédoine a triplé depuis trois mois. L'agence onusienne des enfants dit que 3000 personnes traversent l'ancienne république yougoslave chaque jour, et qu'environ un migrant sur huit est une femme enceinte.

La Garde côtière grecque a secouru 1192 personnes lors de 31 opérations entre lundi et mardi matin, au large des îles de Lesbos, Chios, Samois, Agathonissi, Farmakonissi, Kos et Megisti.

Pablo Gorondi, The Associated Press

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